Mardi 16 octobre 2007
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L'UIMM est assise sur un trésor
de plusieurs centaines de millions d'euros
Source : Les échos [ 16/10/07 ]
Les retraits d'argent de l'UIMM ont été
effectués, selon nos informations, depuis plusieurs fonds de réserve, dont une caisse de solidarité « antigrève » créée en 1968, au portefeuille aujourd'hui évalué à 160 millions d'euros.
Depuis le début de l'affaire Gautier-Sauvagnac, c'est la destination des retraits d'argent de l'Union des industries et métiers de la métallurgie qui alimente la rumeur. Syndicats, hommes et partis politiques, salariés et retraités de la métallurgie...
toutes les pistes sont examinées par les enquêteurs. En revanche, on savait jusqu'ici peu de chose de l'origine des millions
d'euros sortis de différents comptes bancaires. Selon nos
informations, l'UIMM pioche depuis des années dans plusieurs
« fonds de réserve », dont l'existence doit être révélée dans prochains jours.
Résister aux syndicats
Le plus important d'entre eux, baptisé « Epim », est une caisse de
solidarité « antigrève » constituée après les événements de mai 1968 pour inciter financièrement les chefs d'entreprise à résister aux syndicats, en cas de conflit social. « Il s'agissait d'éviter la mollesse de certains patrons dans les négociations, de les encourager à la fermeté moyennant rétribution », raconte un ancien président du CNPF.
Inspirée du modèle suédois, l'idée avait germé dans
l'esprit d'Emile Boursier, à l'époque vice-président délégué général de l'UIMM, lequel en assura la gestion jusqu'en 1984 avant
de passer le flambeau à Pierre Guillen, puis, dix ans plus tard, à Denis Gautier-Sauvagnac, avant que le système ne s'éteigne progressivement.
Concrètement, les entreprises versaient une cotisation spéciale à ce dispositif, de l'ordre de 0,1 % de leur masse salariale, ce qui permit de constituer, au fil des ans, une belle cagnotte. A la fin des années 1990, il se disait dans
l'entourage de Jean Gandois, puis d'Ernest-Antoine Seillière, que son montant atteignait 1 milliard de francs, soit un peu plus de 150 millions d'euros. Aujourd'hui, il s'agit
d'un portefeuille dont la valeur de marché
s'élève à 160 millions d'euros.
« Absolument rien d'occulte
»
Mais ce n'est pas tout. La cagnotte de l'UIMM se compose d'autres fonds dont la valeur comptable se chiffre en centaines de millions d'euros supplémentaires. De quoi largement autoriser les retraits en cours
d'examen par la brigade financière du parquet de
Paris.
Dans une interview accordée au « Monde », l'ancien président de
l'UIMM Daniel Dewavrin a confirmé hier, à demi-mot,
l'existence du système. «
Au-delà de leurs cotisations normales », révèle-t-il, des adhérents volontaires « versaient d'autres cotisations, dûment déclarées - et pas
en espèces - sur un compte bancaire ». Il affirme que les sommes en jeu n'ont « absolument rien d'occulte » et parle d'« environ 2 millions d'euros par an » de retraits. Ce qui, de source policière, pèse 24 à 32
kilos selon les coupures employées, et tient dans quatre attachés-cases. Les adhérents de l'UIMM n'ont pas fini
d'être surpris de l'usage qui a été fait de leur obole !
G. D. ET D. S.
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