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Bonjour,

Vous êtes sur le blog de la coordination UNSA Animation, géré par le Syndicat de l'Education Populaire.

C'est un espace de discussion, dédié aux salariés de l'Animation et de l'Education Populaire, agents d'animation, animateurs, directeurs, personnels administratif et de service, des trois fonctions publiques et du secteur privé.


Retrouvez le site du SEP sur sa nouvelle adresse :
http://sep.unsa-education.org  

Samedi 12 janvier 2008 6 12 01 2008 17:36

Appel à une grève des cinémas indépendants le soir des César


Source : 11.01.08 
 


Un appel à la fermeture des cinémas indépendants le 22 février au soir, pendant la cérémonie des César 2008, a été lancé vendredi par des professionnels et des associations pour protester contre un "désengagement de l'Etat", selon eux, en matière d'action culturelle cinématographique.

 

Cet appel a été lancé à l'issue d'une assemblée générale à Paris réunissant trois cents personnes, producteurs, réalisateurs, acteurs, enseignants, responsables de festivals, de ciné-clubs et d'associations d'éducation artistique.

Regroupant une cinquantaine de salles, l'Association des cinémas de proximité en Aquitaine est à l'initiative de cette "grève des cinémas" : les cinémas qui souhaitent se joindre au mouvement sont invités à rester fermés le 22 février au soir ou à organiser des débats sur l'action culturelle.

Les participants de l'assemblée générale parisienne ont acté également la création d'un collectif national.

Président d'un pole d'éducation populaire cinéma-théâtre, l'acteur Robin Renucci a dénoncé "l'érosion des budgets".

Selon Antoine Leclerc, délégué général de l'association Carrefour des festivals qui fédère une cinquantaine de manifestations, "des baisses de crédits de l'ordre de 20 % mettraient en péril le déroulement d'un grand nombre de manifestations et d'animations réalisées dans les salles par un important maillage associatif".

Le cinéaste Eric Guirado ("Le fils de l'épicier") s'est dit "blessé et insulté" contre "des coups portés notamment aux festivals de cinéma et salles indépendantes, caisses de résonance de nos films".

Olivier Meneux, responsable de l'Association Cinéma et Audiovisuel en Picardie (ACAP), et porte-parole du collectif, a annoncé l'organisation "d'états généraux de l'action culturelle cinématographique".

Les craintes portent sur le sort de 5 millions d'euros de subventions de l'Etat versées chaque année par les DRAC (directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l'action culturelle cinématographique, de l'éducation à l'image et de l'organisation de festivals.

Au ministère de la Culture, on assure que les DRAC continueront à subventionner ces associations grâce à la "nouvelle enveloppe budgétaire" de 34,8 M EUR débloquée en décembre.

Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Actualités de l'Education Populaire
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Samedi 12 janvier 2008 6 12 01 2008 01:51



LE PRÉSIDENT DU POUVOIR D’ACHAT TOMBE LE MASQUE




Source : La Marseillaise (13)



L
es responsables des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, Solidaires et UNSA des Bouches-du-Rhône réagissent aux propos de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse du 8 janvier.


Une provocation ! C’est en ces termes que Jean-Marc Cavagnara, secrétaire général de l’Union départementale CFDT des Bouches-du-Rhône a accueilli l’annonce par le Président de la République de la fin des 35 heures, lors de sa conférence de presse du mardi 8 janvier. Et le même de rajouter : « c’est un aveu d’impuissance de la part de celui qui avait bâti sa campagne sur le thème travailler plus pour gagner plus ».

 

Aveu d’impuissance de la part de celui qui s’était présenté comme le futur « président du pouvoir d’achat ». D’ailleurs, constate le syndicaliste, « cette question ne fait plus partie des priorités ». En lieu et place, accuse Jean-Marc Cavagnara, « on a eu droit à un discours fumeux sur la politique de civilisation ». S’il estime que la conférence de presse présidentielle ne permet pas de savoir quelle est « l’orientation de Nicolas Sarkozy », il considère aussi qu’une chose est sûre : « l’orientation, c’est la casse des solidarités et des garanties collectives ». Et d’en rajouter une louche en affirmant : « c’est une attaque à la législation du travail qui nous ramène 4 ans en arrière. 40 ans, et même plus ». Notant que « ce n’est pas ainsi que l’on construit la cohésion sociale », il prévient : « il (Nicolas Sarkozy) nous trouvera en face ».

 

L’heure est à la riposte aussi pour Mireille Chessa, la secrétaire générale de l’Union départementale CGT 13. Pour elle, les propos de l’hôte de l’Elysée « promettent des heures compliquées pour se faire entendre ». Pour elle, Sarkozy s’est fait « l’écho du Medef qui demande l’abandon du code du travail ». Avant de rappeler au passage que « seulement 40% des entreprise appliquent les 35 heures ». Ce qui relativise les discours sur leur remise en cause comme solutions à tous les maux, « d’autant qu’elles représentent de réelles avancées pour ceux qui en bénéficient ».

 

Mireille Chessa a constaté que les propos présidentiels ont « choqué des salariés » qui avaient été sensibles au discours de campagne « travailler plus pour gagner plus », quand la politique menée conduit « travailler plus et travailler plus vieux pour gagner moins ». Pour elle, « le masque tombe ». Ce qui la conduit à revenir sur le pouvoir d’achat et ce qui en constitue la clef, le niveau des salaires. Questions d’autant plus cruciales que leur « augmentation générale de 4,5% comblerait le déficit du régime général des retraites ». Salaires et pouvoir d’achat, rappelle-t-elle, sont au cœur des objectifs de la journée de mobilisation dans la fonction publique du 24 janvier. Plus généralement, elle pense que « le pouvoir d’achat constitue le problème numéro 1 du monde du travail ». Avant d’annoncer que la CGT et son UD des Bouches-du-Rhône entendent se placer « résolument à l’offensive sur cette question ».

 

Alain Comba, secrétaire de l’UD FO 13 n’a « pas été surpris par les propos présidentiels ». S’agissant de la fin des 35 heures, il rappelle que son organisation syndicale n’était pas très enthousiaste à l’époque. « Non pas sur le principe, mais sur la façon dont elles ont été mises en place par Martine Aubry ». Pour lui, « ces 35 heures, les salariés se les sont payées avec tous les dispositifs qui ont accompagné leur mise en place. Suppression ou réduction des pauses, modération salariale et autres mesures tendant à en affadir la portée ». Dès lors, ironise-t-il, « si on les abolissait, il faudrait rembourser les salariés de tout ce qu’elles leur ont coûté ».

 

Quant au « président du pouvoir d’achat, ça (le) fait doucement rigoler d’entendre qu’il n’ a plus rien à mettre sur ce plateau de la balance ». Et pour cause. « Après les cadeaux fiscaux consentis en début de mandat… ». Alain Comba n’y va pas par quatre chemins pour qualifier ce qui se passe : « on voudrait nous faire revenir aux années 1800 où il y avait les très riches et les autres qui devenaient de plus en plus en plus pauvres ».

 

Gérard Avena, responsable de Sud Santé, s’exprimant au nom de l’Union syndicale Solidaires des Bouches-du- Rhône, considère que le discours Sarkozien qu’il na pas entendu mais dont il a pu prendre connaissance, « les médias ne parlaient que de ça » fait-il observer, constitue un démenti du slogan « travailler plus pour gagner plus ». Voilà qui, selon lui, confirme combien son organisation syndicale avait eu « raison de dénoncer ce slogan ». Et Gérard Avena de poursuivre son réquisitoire que le président n’a « rien dit sur le pouvoir d’achat ». « Même pas un rappel des mesures annoncées quelques jours avant ». « A croire qu’elles n’avaient guère fait recette dans l’opinion ! »

 

En revanche, et Gérard Avena voit là le symbole de toute une politique, Sarkozy « ne mégote toujours pas quand il s’agit des intérêts des actionnaires ». Ainsi, il a suffi qu’il préconise la suppression de la publicité sur les chaînes publiques pour que l’on enregistre « une augmentation de 10% des actions de TF1 ».

 

S’exprimant au nom des autonomes de l’UNSA des Bouches-du-Rhône, Bernard Goudilière a trouvé Nicolas Sarkozy « comme d’habitude, brillant sur la forme mais auteur d’un discours en creux sur le fond ». D’abord parce qu’il n’est « pas intervenu sur ce que l’on attendait de lui ». Ou « juste deux phrases, pour dire que les caisses sont vides ». Sans doute, estime Bernard Goudilière, le seraient elles moins « sans les cadeaux fiscaux de début de mandat ». Mais « rien sur le pouvoir d’achat, sur les salaires, sur la croissance ».

 

A l’instar d’ « un pilote d’avion en difficulté qui envoie des leurres pour tenter de se tirer d’affaire », poursuit Bernard Goudilière, le Président de la République, a balancé des leurres. « Ainsi celui sur le service public de télévision », celui « sur sa vie privée, sans parler de la politique de civilisation ». Ou pis, « les propos sur les gens qui passent leur temps à défendre des acquis et des rentes de situation, sans dire qu’il s’agit de conquêtes de générations de travailleurs. Ni que ces gens-là, n’ont pas les moyens de se payer des vacances luxueuses en Egypte ».

 
 
 

 
 
Reportage : Christian Carrère
 
Photo: R TERZIAN
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Revenus
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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 01 2008 16:54

Une triple régression
 

par Jean-Yves Boulin 

sociologue au CNRS, chercheur à l’Irises, université
Paris-Dauphine, vice président de Tempo Territorial.


Source : Libération QUOTIDIEN :  Rebonds du vendredi 11 janvier 2008

Les projets gouvernementaux sur le temps de travail manifestent une triple régression. 


Régression au regard de l’histoire,
puisqu’on nous ressert un remake de 1938, lorsque le gouvernement Daladier, tout en conservant les 40 heures hebdomadaires comme durée légale, autorisa l’utilisation extensive des heures supplémentaires, ouvrant ainsi la possibilité de travailler 50 heures par semaine. Il faudra attendre près de quarante ans pour voir les 40 heures devenir une réalité tangible pour les salariés. Durant ce laps de temps, la plupart des autres pays européens avaient, via la négociation collective, abaissé la durée conventionnelle à 40 heures, voire moins. Ainsi va le progrès social dans notre pays, où l’Etat, à l’occasion de changements politiques, procède par à-coups progressifs dictés plus par des rancœurs idéologiques que par une analyse sérieuse de la réalité.


Régression économique et sociale, dans la mesure où l’orientation prise par le gouvernement ne peut être que contre-productive au regard du chômage. On sait que le mal français réside dans son faible taux d’emploi, singulièrement chez les jeunes, les plus de 55 ans et les femmes. Ce n’est pas en augmentant la durée du travail de ceux qui sont déjà en emploi que l’on résoudra le problème du chômage, mais en mettant en œuvre une politique active du marché du travail qui permette de redonner des opportunités d’emploi aux chômeurs, aux RMistes et autres précaires vivant de petits boulots. S’il est des gens pour demander à travailler plus pour gagner plus, ce sont bien ces catégories ainsi que les salariés à temps partiel, qui sont proportionnellement plus nombreux à le demander que les salariés à temps plein.
Plutôt que de caricaturer à l’envie l’approche du partage du travail, nos gouvernants, qui vont chercher au Danemark des recettes de flexibilisation du marché du travail, seraient bien inspirés d’observer la façon dont ce pays est parvenu à faire passer son taux de chômage de plus de 12 % en 1990 à 3,9 % en 2006 contre 9,4 % en France (source OCDE). L’exemple de ce pays montre qu’une politique active de l’emploi se doit d’être solidaire (réduction du temps de travail et introduction de congés longs avec rotation de l’emploi), ciblée (des actions spécifiques ont d’abord visé l’emploi des jeunes puis celui des seniors) et fondée sur des engagements mutuels : l’absence d’obstacles au licenciement y est associée à un engagement implicite vis-à-vis du licencié tant de la part de l’entreprise (40 % des salariés licenciés sont réembauchés par leur entreprise) que de la collectivité (indemnisation élevée du chômage qui, de plus, est plafonnée ; politique active de formation et d’aide à la recherche d’emploi). Une conséquence probable du blanc-seing donné aux entreprises pour «s’exonérer» des 35 heures ou de toute référence légale du temps de travail sera le creusement des inégalités sociales : entre ceux qui sont aux 35 heures et ceux qui ne le sont pas - 40 % des salariés du privé qui n’ont ni RTT ni CET (compte épargne temps) à monétiser -, entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas, entre les salariés à temps plein visés par les mesures relatives aux heures supplémentaires et les salariés à temps partiel qui en sont exclus, entre ceux qui font des heures supplémentaires et peuvent ainsi «gagner plus» et ceux qui n’en font pas. Car l’on sait bien que les entreprises sont demandeuses d’heures supplémentaires avant tout auprès des travailleurs qualifiés et hautement qualifiés. 

Ajoutons que l’incitation à faire des heures supplémentaires constituera un obstacle à l’augmentation générale des salaires : en laissant croire que chacun peut décider de «travailler plus pour gagner plus», à quoi bon négocier les salaires dans les branches ou les entreprises ? Par ailleurs, en favorisant une culture des horaires longs, l’actuel gouvernement tourne le dos à sa volonté de repousser l’âge légal de départ à la retraite. L’on sait en effet que ceux qui ont connu les conditions de travail les plus pénibles, notamment en termes d’horaires, souhaitent quitter le marché du travail de façon précoce. Demander aux individus de demeurer plus longtemps sur le marché du travail, ce qui se conçoit dans une société dans laquelle l’espérance de vie en bonne santé s’accroît, suppose que ceux-ci aient bénéficié de conditions de travail «soutenables», d’une politique active de formation et qu’ils ne parviennent pas épuisés au seuil de leurs 60 ans

De plus, les horaires longs sont un obstacle à la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale et vont ainsi à l’encontre de l’égalité entre les genres. En effet, ce sont surtout les hommes qui pratiquent les horaires longs, obérant de ce fait leur participation à l’accomplissement des tâches éducatives et domestiques. La présence d’enfants dans le foyer incite les femmes, et parmi elles les femmes les moins qualifiées, à se retirer du marché du travail. Inégalités de genre et inégalités sociales viendront alors se cumuler.


Régression culturelle enfin, car ces projets sont focalisés sur la seule durée hebdomadaire du temps de travail, manifestant ainsi un retour à une conception fordiste, quantitative et monétisée du temps de travail (le temps comme mesure du travail). Cette démarche ignore tout des mutations intervenues dans les rapports que les individus entretiennent avec le travail. La valeur travail ne s’est pas diluée dans les 35 heures, mais l’identité de l’individu ne se constitue plus aujourd’hui par la seule activité de travail, mais au croisement de celle-ci avec les autres activités, familiales, domestiques, de loisir, sociales, citoyennes et personnelles. C’est en s’appuyant sur les opportunités ouvertes par la formation continue, le CET ou le congé parental que l’on donnera aux citoyens la possibilité d’assurer les transitions entre ces différentes activités dont l’intensité varie tout au long de la vie. Une telle approche amène à repenser le contrat social qui lie l’individu à la société à partir d’une durée du travail envisagée sur l’ensemble de la vie et non plus sur la seule base hebdomadaire qui renvoie à une conception archaïque et non solidaire de la régulation du temps de travail, qui va à rebours d’une «politique de civilisation».


http://www.liberation.fr/rebonds/303123.FR.php
© Libération
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Vendredi 11 janvier 2008 5 11 01 2008 09:44
 

Plusieurs syndicats dénoncent l’attitude de la direction


Source
: l'Humanité -
Article paru le 10 janvier 2008 


L’UNSA, SUD rail, FO et la CFE-CGC rapportent des cas de mesures disciplinaires injustifiées.

La CGT-cheminots n’est pas la seule organisation à accuser la direction de la SNCF d’engager des procédures disciplinaires injustifiées contre des militants, des responsables syndicaux ou des élus du personnel. 

Interrogés par l’Humanité, plusieurs responsables de fédérations syndicales affirment que des militants de leur organisation sont victimes de telles pratiques ou encourent des sanctions disproportionnées par rapport à la faute commise. 

SUD rail, qui rapporte plusieurs cas, met particulièrement en avant celui du conducteur de trains Fabien Villedieu, à qui la direction reproche d’avoir embarqué, pendant la grève contre la réforme des régimes spéciaux, une équipe de journalistes de France 2 sans en avoir sollicité l’autorisation. 

FO
confirme les accusations de la CGT mais n’a pas connaissance de cas au sein de son organisation. 

Le secrétaire national de la CFE-CGC, André Provensal, rapporte que deux cadres de la région de Chambéry appartenant à son syndicat sont poursuivis sur la base d’accusations infondées. Il déplore un « durcissement de l’attitude de la direction vis-à-vis des syndicalistes, et singulièrement des cadres, dont elle n’accepte pas qu’ils manifestent ostensiblement leur désaccord avec la politique du fret ou la réforme des régimes spéciaux ». 

La CFE-CGC ainsi que l’UNSA dénoncent également des discriminations concernant notamment les déroulements de carrière. « Il n’est pas rare qu’un syndiqué stagne au même échelon en moyenne deux ou trois ans de plus qu’un cheminot non encarté », explique André Provensal. 

Toutes enfin, à l’instar de la CGT, affirment constater une dégradation du dialogue social dans l’entreprise.

P.-H. L.

Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Dialogue social
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 01 2008 14:30
 

Une revendication majeure, vieille de plus de 150 ans

Retour avec Michel Dreyfus, historien et directeur de recherche au CNRS-université Paris-I, sur une question au centre des luttes du mouvement ouvrier.


Source : L’Huma   Article paru le 7 janvier 2008



Quel est le point de départ historique de la réduction du temps de travail ?

Michel Dreyfus. Il faut séparer les premières mesures législatives des avancées réelles. L’idée d’imposer des limites restrictives au temps de travail est présente dès le XIXe siècle. Elle ne concerne alors que les populations les plus fragiles, les femmes et les enfants, qui enduraient des cadences de travail pouvant atteindre 12 à 16 heures par jour. Mais les deux premières lois, votées en 1841 et 1874, sont restées lettre morte. Car, en l’absence de contrôle, personne ne les appliquait. Il faut d’ailleurs rappeler, pour mémoire, que le premier corps d’inspecteurs du travail, aux moyens notoirement insuffisants, ne date que de 1892 et que le premier ministère du Travail est apparu en 1906. Avant ces dates, ils n’y avait pas de contrôles.


À partir de quand devient-elle une revendication syndicale ?

Michel Dreyfus. Au tournant du XXe siècle. En 1906, la CGT organise sa première campagne nationale, sur les revendications d’une journée de 8 heures et d’une semaine de 48 heures. C’est un mouvement de grève fondateur, qui permet alors à la CGT d’exister. Mais malgré une mobilisation importante, la revendication est repoussée. Elle gagne néanmoins en popularité chez les travailleurs. En 1919, le gouvernement finit par voter la loi pour désamorcer les grèves qui ont marqué la fin de la Première Guerre mondiale. Là encore, il restait à la faire appliquer. Mais les organisations syndicales pouvaient à présent s’appuyer sur une loi qui s’applique à tous. Vient ensuite le Front populaire et ses avancées emblématiques : les conventions collectives, les congés payés et la semaine de 40 heures.


Quels sont les enjeux, passés et présents, de la RTT ?

Michel Dreyfus. À l’origine, c’est une question civilisationnelle. À partir de la fin du XIXe siècle, les gens cessent de mourir de faim en
Europe. La question de l’accès aux loisirs, l’épanouissement personnel et la préservation de la santé des salariés commencent alors à s’imposer. C’est l’idée, qui n’avait alors rien d’évidente, qu’un homme ne doit pas passer sa vie au travail. Économiquement, le patronat y trouvait aussi son compte. La révolution industrielle ayant fait grimper en flèche la productivité horaire des employés, un chef d’entreprise avait alors tout intérêt à préserver sa main-d’oeuvre pour qu’elle reconstitue au mieux sa force de travail. Dans le courant du XXe siècle, l’enjeu majeur s’est déplacé. D’une préoccupation de santé, on est passé à un combat politique, qui tient à l’engagement de l’État dans la politique de l’emploi. À présent, la réduction du temps de travail est donc considérée comme un levier pour faire baisser le chômage. Mais, devant les violentes critiques contre la loi sur les 35 heures promulguées par le gouvernement Jospin, certains défenseurs de la RTT ont préféré abandonner la question de la baisse du chômage pour se recentrer sur les revendications d’origine : limitation du stress, amélioration du bien-être, etc. Quoi qu’il en soit, la réduction du temps de travail est un arc historique qui a commencé il y a plus de 150 ans et la logique voudrait qu’elle se poursuive.

Mais sa légitimité intellectuelle est encore contestée : pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a parlé du « choix historiquement stupide » du gouvernement Jospin…

Michel Dreyfus. En 1937-1938, la droite avait remis en cause la semaine de 40 heures dès la fin du Front populaire… avant de faire machine arrière. Aujourd’hui, le gouvernement est totalement décomplexé sur la question. Il s’attelle à déconstruire le droit du travail français, avec délectation et allégresse. C’est très inquiétant.

Entretien réalisé par Mehdi Fikri
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Histoire
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Jeudi 10 janvier 2008 4 10 01 2008 14:21

Des combats difficiles sont encore à venir.



Une analyse de Jean-claude GILLET

à retrouver sur :
http://jeanclaudegillet.free.fr/relations_difficiles.htm


Cet article était prévu dans un autre support. Mais il semble qu’il gênait… J’ai donc décidé de me le réapproprier et d’en faire un autre usage. J’encourage tous les lecteurs à le piller et à s’en faire l’écho dans leurs courriers, auprès de leurs collègues, sur les sites ou les blogs qu’ils connaissent ou qu’ils maîtrisent. Le réseau des animateurs professionnels va ainsi se renforcer par le débat dans le contexte politique actuel.



Les relations difficiles de l’éducation populaire
et de l’animation professionnelle
 

Le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative serait-il, comme d’aucuns le pensent encore, le ministère de référence de l’Education populaire ? Ou est-ce désormais une plaisanterie ? Ou bien une référence cachée sous le manteau ? Une réponse s’esquisse à la lecture de l’ouvrage de Michel Heluwaert, « Espérances contrariées, marginalités récupérées. Propos sur des utopies abandonnées… », paru en 2002 aux éditions l’Harmattan. Le titre est déjà en soi un programme sur le naufrage de ce Ministère et le passage de Marie-Georges Buffet ne semble rien avoir changé, elle qui, aux yeux de l’opinion publique, paraît avoir laissé surtout un souvenir à propos de la lutte anti-dopage dans le champ du sport (ce qui est en soi déjà une belle victoire) et peu marqué la politique de rénovation du Ministère sur laquelle nous reviendrons. Donc, cet ancien inspecteur de la jeunesse et des sports montre comment certains mécanismes institutionnels ont dénaturé peu à peu l'espoir initial, réincarné notamment par les militants issus de la Résistance et de la Libération.
Nous allons tenter de répondre à ces questions en centrant notre réflexion sur les champs de l’éducation populaire de l’animation professionnelle et des diplômes y afférant.
…/…


 
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 01 2008 18:33

Au ministère de l'Intérieur


Quand des représentants des personnels quittent une CAP en chantant le Chant des Partisans...


Lire
:
http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/54/74/48/Presse/2008.01.02.Canard-promos-flics.jpg



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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 01 2008 16:19

Journée de rencontre culture-éducation populaire


21 janvier 2008 à Vénissieux


Prendre en compte la diversité des publics et des territoires dans les projets artistiques et culturels. 

Tel est le thème de cette journée organisée par la DRAC Rhône-Alpes et les fédérations signataires de la charte d'objectifs culture éducation populaire et en coopération avec le Théâtre de Vénissieux

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Mercredi 2 janvier 2008 3 02 01 2008 13:14
Combien l’éducation durera-t-elle ? Juste autant que la vie.
Quelle est la première partie de la politique ? L’éducation.
La seconde ? L’éducation.
Et la troisième ? L’éducation.
 
Jules Michelet
Le Peuple
 
 
 
 
 
 
Meilleurs vœux 2008 à vous tous
et à vos proches
 
 
 
Autant dire qu’il nous faudra encore beaucoup d’énergie
pour faire advenir le vœu de Michelet
alors que c’est le grinçant conseil de Lincoln à ses détracteurs
qui semble aujourd’hui être appliqué
 
 
 
 
Si vous trouvez que l’éducation coûte cher,
essayez l’ignorance.
 
Abraham Lincoln
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Vie syndicale
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Samedi 29 décembre 2007 6 29 12 2007 20:39
Annick-GIRARDIN.jpgMme Annick Girardin. 

Monsieur le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique, alors que le Gouvernement accumule les effets d'annonce sans mesures concrètes, la mobilisation massive des agents de la fonction publique vous a mis devant vos responsabilités face à la question essentielle de la perte de leur pouvoir d'achat. Aujourd'hui encore , après l'explosion des cours du pétrole, nous apprenons que le prix du gaz va augmenter de 6 à 10 % à partir du mois de janvier.

Dans ce contexte, comment accepter que la revalorisation des traitements des fonctionnaires soit systématiquement inférieure à l'augmentation des prix ?

Et ce ne sont pas les mesures annoncées pas le Président de la République, quand bien même se concrétiseraient-elles un jour, qui viendront leur donner du pouvoir d'achat supplémentaire. Comme les retraités, les chômeurs et les travailleurs à temps partiel, les fonctionnaires sont les oubliés des ambitions présidentielles.

Il est dès lors peu étonnant, vous en conviendrez, que le vaste mouvement de grève dans la fonction publique soit relayé partout en France, et même amplifié dans certains territoires isolés où le taux d'inflation est bien supérieur à la moyenne nationale, ce qui rend d'autant plus ridicule et dramatique le décalage entre les rémunérations et le coût de la vie.

Les agents de la fonction publique, sur tout le territoire national, demandent en urgence la refonte des outils de calcul du coût de la vie, afin de prendre réellement en compte ce qu'on appelle le « panier de la ménagère ». Ne pas y consentir serait continuer dans la voie du mépris des conditions concrètes de vie de nos concitoyens.

À cette problématique s'ajoutent les inquiétudes légitimes qu'a fait naître le non-renouvellement potentiel des départs à la retraite. Cette stratégie mécanique de réduction des dépenses publiques relève déjà d'un parti pris idéologique au niveau national. L'application d'une telle politique de rigueur dans les territoires isolés serait inacceptable et même inconcevable.

Ma question est donc double. D'une part, quand comptez-vous répondre aux revendications légitimes des agents de la fonction publique quant à la compensation de leur perte de pouvoir d'achat,*a fortiori* dans les territoires isolés où la question se pose encore plus fortement ? D'autre part, comment adapterez-vous le principe du non-renouvellement d'un départ à la retraite sur deux dans les territoires à faible nombre d'agents, afin d'assurer le maintien de l'emploi et de ne pas porter atteinte à la présence effective de l'État ?

M. le président.  
M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique va maintenant vous répondre.

M. Éric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique. 
Madame Girardin, je veux doublement vous rassurer. Non, les fonctionnaires ne sont pas et ne seront pas les oubliés du pouvoir d'achat. (« Ah ! » sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Je les ai reçus, voilà quelques jours, pour lancer, à la demande du Président de la République et du Premier ministre, des réunions de négociation sur les traitements et les salaires, et je vais vous préciser le contenu de nos discussions.

Par ailleurs, oui, madame la députée, les services publics ont pour vocation de s'organiser territorialement. Au cour de notre pacte républicain figure le principe d'une répartition cohérente de ces services, respectueuse de tous les territoires.

M. Patrick Roy. C'est mal parti !

M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique. 
S'agissant du pouvoir d'achat des fonctionnaires, je ne peux pas être d'accord avec l'idée selon laquelle les fonctionnaires auraient perdu du pouvoir d'achat. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) Je veux même tordre le cou à cette idée. D'ailleurs, le directeur général de l'INSEE a montré, dans le cadre d'une excellente étude, que les fonctionnaires, dans leur ensemble, ont vu leur pouvoir d'achat augmenter de 2,4 % sur les dernières années.
 
M. Patrick Roy. Non !

M. le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique. 
C'est une moyenne : cela signifie que certains ont eu moins et que d'autres ont eu plus. Lorsque les organisations syndicales de fonctionnaires font part d'une perte de pouvoir d'achat, elles ne fondent leur calcul qu'à partir du point d'indice, qui n'est qu'une partie du traitement.

Nous devons donc éclaircir tout cela. Nous avons commencé à le faire avec les fédérations de fonctionnaires. Le Gouvernement veut garantir le pouvoir d'achat des fonctionnaires, de tous les fonctionnaires. Rien ne justifie qu'un agent public perde du pouvoir d'achat. Dans le même temps, nous voulons mettre en place des mécanismes d'augmentation du pouvoir d'achat. Cela passera par la rémunération au mérite des fonctionnaires (« Ah ! » sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine) mais aussi par la réduction des effectifs de la fonction publique puisque nous redistribuerons à l'ensemble de la fonction publique la moitié des économies ainsi générées. (Exclamations sur les bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.) La réduction du nombre des fonctionnaires d'État est donc une bonne nouvelle pour la fonction publique, car il en résultera des parcours professionnels enrichis et un service public réformé et renouvelé. *(Applaudissements sur les bancs du groupe de l'Union pour un mouvement populaire et du groupe Nouveau Centre.)
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Revenus
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