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C'est un espace de discussion, dédié aux salariés de l'Animation et de l'Education Populaire, agents d'animation, animateurs, directeurs, personnels administratif et de service, des trois fonctions publiques et du secteur privé.


Retrouvez le site du SEP sur sa nouvelle adresse :
http://sep.unsa-education.org  

Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:36


Laurence Parisot (Medef) préconise de supprimer la durée légale du travail


Source : La Tribune.fr


La présidente du Medef reconnaît la réalité du problème du pouvoir d'achat. Et propose de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail.


Alors que Nicolas Sarkozy devrait intervenir très bientôt sur le thème du pouvoir d'achat, argument fort de sa campagne présidentielle, Laurence Parisot, présidente du Medef, a reconnu ce mercredi que ce problème de pouvoir d'achat était réel. "C'est vrai qu'il y a un problème de pouvoir d'achat (...) c'est un ressenti totalement objectif", a-t-elle jugé devant l'Association des journalistes économiques et financiers.


Pour Laurence Parisot, "le pouvoir d'achat est une résultante d'une croissance au niveau minimum". "Donc, la vraie question n'est pas: 'comment je contribue à ce qu'il y ait plus de pouvoir d'achat?', mais: 'comment je contribue à ce qu'il y ait plus de croissance?' ", a-t-elle exposé.
"Pour moi, il y a deux axes principaux à travailler: comment on fait pour baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises, c'est prioritaire, et deuxième chose, n'est-il pas temps d'aller plus loin sur la question de la durée du travail?".


"Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail", s'est-elle interrogée publiquement
. "Tout le monde voyait bien que le mécanisme des heures supplémentaires n'est pas suffisant". Les dispositifs permettant déjà aux entreprises de travailler au-delà de 35 heures par semaine sont "rébarbatifs" et l'utilisation du contingent d'heures supplémentaires autorisées (220 heures/an) est "très lourd car il supposait des négociations de branche", a-t-elle ajouté.


"Ma préconisation, c'est de rendre les choses beaucoup plus simples en balayant tous ces mécanismes très complexes, et en revenant à la détermination du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, branche par branche, ou entreprise par entreprise", a-t-elle poursuivi.


Laurence Parisot a indiqué par ailleurs ne pas savoir ce que le président de la République pourrait annoncer de manière imminente pour le pouvoir d'achat. "Je sais autour de quoi certains ministres réfléchissent depuis quelques temps et la question de la durée du travail est un axe de réflexion", a-t-elle dit.



Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : MEDEF
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:18
 

La démocratie contemplative
 
 
 
Source : LIBERATION QUOTIDIEN, Rebonds, jeudi 22 novembre 2007.
 
 
Michel Wieviorka, directeur d'études à l'EHESS, président de l'Association internationale de sociologie
 
Le constat est unanime : notre chef d’État est omniprésent – hyperactif et agité, disent les plus critiques ; soucieux de s’engager personnellement pour avancer rapidement et efficacement dans les réformes nécessaires à notre pays, disent ses partisans. Mais ne nous contentons pas de l’observation, encore superficielle, qui insiste sur la façon dont il apparaît constamment dans les médias. Examinons plutôt comment il concilie ses projets de changement et l’exigence démocratique.
 
 
D’une part, notre président, Nicolas Sarkozy, exerce le pouvoir en laissant beaucoup moins de responsabilités à ses ministres que ses prédécesseurs. Ce n’est pas leur faire insulte que de noter que l’Elysée, aujourd’hui, définit, oriente, pilote et, le cas échéant, rectifie leur action, qu’ils n’ont guère d’autonomie, qu’ils ne constituent pas, ou encore moins qu’hier, un niveau décisif du système politique. De même, les parlementaires de la majorité forment un ensemble sans grande capacité d’initiative, et qui relève plutôt du modèle des «godillots». Eux aussi marchent droit, et avalent, à l’occasion, les couleuvres qui leur sont imposées depuis l’Elysée. La gauche a bien des torts dans ses propres errements. Elle est responsable de sa crise intellectuelle, morale et de leadership. Mais Nicolas Sarkozy apporte sa contribution à ses difficultés, et sa stratégie – par exemple avec l’ouverture à des personnalités anciennement socialistes –, est clairement de faire en sorte qu’elle continue à s’y enfoncer. L’extrême droite est elle aussi affaiblie, dépossédée qu’elle est par le chef d’Etat de l’essentiel de sa thématique sur l’immigration. Il faut donc admettre que celui-ci, par son action, renforce le déficit démocratique, en affaiblissant les acteurs qui jouent classiquement un rôle dans le fonctionnement de notre système politique, qu’ils soient de son bord ou dans l’opposition, sur sa gauche, sur sa droite ou à ses côtés.
 
 
D’autre part, notre président, sans aller jusqu’au bras de fer, menace d’asphyxier le peu que nous avons en France de syndicalisme. Celui-ci étant localisé pour l’essentiel dans la fonction publique et les entreprises publiques. En s’appuyant sur une opinion qui accepte mal le maintien des régimes spéciaux de retraites que défendent les syndicats, et qui est assez largement excédée par les grèves (transports notamment), il s’en prend en fait à un des rares acteurs collectifs qui lui résiste, et qui représente une médiation entre la société et le pouvoir politique. C’est d’ailleurs pourquoi les syndicats ne sont pas aussi affaiblis, dans l’opinion, que ce que Nicolas Sarkozy pouvait espérer : même si leurs revendications semblent excessives, ils incarnent précisément une des dernières institutions susceptible de se dresser entre lui et un peuple atomisé.
 
 
Enfin, Nicolas Sarkozy, suivi en cela par certains de ses ministres, accorde une réelle importance à la mise en place de missions et de commissions (Balladur, Juppé, Attali, Colombani…) ou de rencontres (du type : Grenelle de l’environnement) supposées dresser un état des lieux dans un domaine précis, et préparer la réflexion pour projeter notre pays vers le futur. Le propre de ces initiatives est qu’elles relèvent du seul bon vouloir du pouvoir, qu’elles ne sont jamais destinées à perdurer, et qu’elles n’accordent aucun pouvoir décisionnel à ceux qui y participent. Tout au plus alimentent-elles la réflexion du pouvoir et nourrissent-elles le débat public. Mais il n’y a rien de comparable, par exemple, à ce qu’était le Plan, cette «ardente obligation» qui instituait et pérennisait la mise en relation de divers acteurs sociaux, patronat et syndicats notamment, et qui traçait les modalités d’un avenir possible pour notre pays. Là aussi, la logique va en sens inverse de la création, du respect ou du maintien des médiations entre le pouvoir et l’opinion, il n’est mis en place aucune structuration réelle, durable, de la préparation du futur.
 
 
Rassemblons ces remarques : la tendance actuelle est nettement à court-circuiter les instances, organisations, institutions intermédiaires entre le pouvoir présidentiel et la société, dans sa diversité, et à accorder un rôle décisif aux médias – ce qui implique aussi d’exercer sur eux sinon un contrôle direct, du moins un mélange de pressions et d’invitations à suivre heure par heure les activités du Président.
 
 
Tout cela donne l’image d’une assez grande nouveauté. Avant même son élection, Nicolas Sarkozy était l’objet de comparaisons plus ou moins flatteuses : avec Margaret Thatcher, qui a remporté l’épreuve de force qu’elle avait choisie d’affronter avec le syndicalisme pour imposer une politique libérale, avec Tony Blair, pour ses orientations modernisatrices et réformistes, avec Silvio Berlusconi, pour son rapport à l’argent et aux médias, avec Vladimir Poutine, pour ses tendances à concentrer le pouvoir personnel, sans parler de projections historiques vers la famille Bonaparte, qu’il s’agisse de Napoléon Ier ou de Napoléon III. En même temps, nous avons beaucoup évoqué, tout au long de la campagne présidentielle, la démocratie participative et la démocratie délibérative, pour rendre compte de la façon dont la démocratie représentative, compte tenu de ses limites, pouvait être sinon relayée, du moins renforcée. Mais il faut bien admettre qu’aucune des comparaisons proposées pour Nicolas Sarkozy n’est pleinement satisfaisante, et que l’évolution de la démocratie actuelle n’est pas réductible aux catégories qui viennent d’être rappelées.
 
 
Nous sommes en effet dans une phase où le pouvoir ne met pas en jeu les libertés fondamentales, mais nous pousse – et peut-être la société se laisse-t-elle elle-même pousser – vers une sorte de passivité, vers l’acceptation de fait du spectacle politique qu’il met en scène, sans répit, et en faisant fi des intermédiaires qui permettent d’ordinaire à la démocratie de fonctionner. Ce spectacle a besoin des médias pour être relayé, et ceux-ci portent bien leur nom, ils sont désormais la principale forme organisée qui assure le lien entre le Président et une société, qui, de plus en plus, en matière politique, semble devoir se passer de représentation forte, d’institutions actives, mais qui n’est guère pour autant engagée dans de vastes débats participatifs ou dans des processus massifs de réelle délibération.
 
 
Une formule d’un grand sociologue russe récemment disparu, Youri Levada, à propos de la Russie de Poutine, rend bien compte de cette situation : nous sommes entrés dans l’ère de la démocratie contemplative. Vivement que nous en sortions !
 
 
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Analyses
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:14

Le "retournement" de l'UNSA a échoué, admet-on au gouvernement...

Le gouvernement a été réactif et soudé depuis le lancement de la réforme. Mais il n'a pas réussi à stopper la grève à la RATP, comme il l'espérait, ni à prendre appui sur l'Unsa.
 
Source : Les Echos [ 22/11/07 ]


Depuis l'ouverture du chantier de la réforme des régimes spéciaux, l'organisation bien huilée de l'exécutif a été largement mise en avant : suivi en direct de l'Elysée, coordination avec Matignon, symbiose avec les directions des entreprises concernées, liens permanents du ministère du Travail avec les syndicats, etc. De fait, tout en se montrant très réactif, l'Etat a évité tout dérapage verbal ou erreur manifeste dans la négociation, qui aurait pu conduire à faire capoter la réforme. Tout n'a pourtant pas marché comme prévu.


· Les syndicats de la RATP n'ont pas lâché les cheminots

Le gouvernement et la direction de la SNCF ont d'emblée focalisé leurs efforts sur les conducteurs autonomes de la FGAAC (30 % des agents de conduite), afin qu'ils se désolidarisent de la grève. Avec succès (dès le soir de la grève du 18 octobre), quitte à permettre aux conducteurs de partir en retraite sans pénalité à 52,5 ans. Après la grève du 14 novembre, il s'agissait d'isoler les cheminots : la reprise du travail a été facile à obtenir à EDF et GDF, qui n'ont pas la culture des grèves illimitées, mais, alors que le gouvernement tablait sur un essoufflement rapide à la RATP, les perturbations dans le métro parisien et le RER A et B (qui transportent respectivement 1,1 million et 500.000 voyageurs par jour) constituent le point noir depuis neuf jours, et expliquent la pagaille en Ile-de-France. La RATP souligne le très fort taux de grévistes chez les conducteurs de métro et de RER. « Nous ne pensions pas qu'ils réagiraient aussi vivement, sachant qu'ils sont peu affectés par la réforme. Nous ne les avions donc pas «ciblés» spécifiquement », reconnaît un conseiller gouvernemental. De fait, les conducteurs de la RATP, qui peuvent cesser le travail à 50 ans, partent déjà en retraite, en moyenne, à plus de 52 ans. Ils ne seront donc quasiment pas affectés par la décote, mais ils se battent contre la suppression des bonifications de carrière pour les nouveaux agents.


· Les tentatives de séduction de l'Unsa ont échoué

La CFDT, la CFTC et la CGC ayant une audience limitée à la SNCF et à la RATP, l'exécutif a beaucoup misé sur l'Unsa (deuxième syndicat dans ces entreprises) pour limiter l'impact des grèves. Il a bien cru y parvenir à la RATP, mais, le 8 novembre, la ligne dure (incarnée par l'Unsa Bus) l'a emporté de justesse et le syndicat s'est engagé dans un préavis reconductible. L'Unsa Cheminots a suivi la stratégie unitaire de la CGT. « Le retournement de l'Unsa a échoué », admet-on au gouvernement, qui a constaté, avec une certaine aigreur, le peu de pouvoir de la confédération sur ses organisations dans les transports, et les divisions au sein même de l'Unsa à la RATP. C'est bel et bien la CGT qui a offert une porte de sortie.


· Les enjeux financiers suscitent des tensions entre les entreprises et Bercy

Derrière l'unité de façade, les rapports entre les directions d'entreprises et l'exécutif ne sont pas simples. Les régimes spéciaux ont, longtemps, été utilisés par la SNCF et la RATP pour accorder des avantages à leurs agents sans impacter leur compte de résultat (un « treizième mois pension » a encore été récemment instauré à la RATP). La réforme impose le mouvement inverse. Mais des réflexes perdurent. Ainsi, quand la SNCF propose une hausse de 1 % de salaire par année supplémentaire travaillée en fin de carrière, le coût est quasi nul pour l'entreprise, mais il est majeur pour le régime de retraite (la pension restant calculée sur les six derniers mois), donc pour l'Etat, via la subvention d'équilibre. « Ce n'est pas forcément ce que nous recherchons... », commente un des pilotes de la réforme. Ainsi, Bercy a donné l'alerte, la semaine dernière, à la lecture du préaccord négocié à la SNCF avec la CFDT, la CFTC et la CGC. A la RATP et à la SNCF, les directions ont accepté de négocier l'intégration de certaines primes dans le calcul de la retraite (en moyenne, 14 % du salaire ne sont pas pris en compte à la RATP, 16 % à la SNCF).


· Des aménagements à la réforme qui risquent de peser en 2008

Cette prise en compte directe des primes, même si elle devrait rester minime, était exclue dans le document d'orientation présenté par Xavier Bertrand le 10 octobre, qui prévoyait simplement, comme cela a été fait en 2003 pour les fonctionnaires, de mettre en place des systèmes de retraite complémentaire en faisant cotiser les salariés sur les primes. La différence est notable, car dans le cas de la RATP et de la SNCF, le bénéfice est immédiat. Au risque de voir les fédérations de fonctionnaires réclamer les mêmes avantages lors de la deuxième étape de la réforme des retraites, en 2008. Elles pourront aussi et surtout revendiquer l'assouplissement de la décote réduisant la pension en cas de trimestres manquants : dans les régimes spéciaux, elle ne s'appliquera que sur deux ans et demi maximum en 2012, puis trois ans et demi ensuite, contre cinq ans dans le privé et le public.


ÉTIENNE LEFEBVRE
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Analyses
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:12


Focalisés sur leur pouvoir d'achat, les salariés montrent un regain d'inquiétude pour l'avenir



Source : Les Echos [ 22
/11/07 ] - Voir les commentaires publiés (4)


Interrogés début novembre par Ipsos pour l'Observatoire des acteurs du travail Manpower-LCI-« Les Echos », les salariés sont 51 % à se dire préoccupés par leur salaire et 44 % à anticiper une baisse de pouvoir d'achat. Six mois après l'élection de Nicolas Sarkozy, les chefs d'entreprise, eux, balancent entre confiance et pessimisme.
 

Attendue par les grévistes et les usagers des transports publics, l'intervention télévisée du président de la République, dont la date n'est toujours pas fixée, l'est aussi, assurément, par les salariés. Nicolas Sarkozy a promis « des initiatives pour répondre à l'angoissante question du pouvoir d'achat, de la croissance et de l'emploi » ? Cela tombe bien ! Selon la quatrième vague trimestrielle de l'Observatoire des acteurs du travail réalisée par Ipsos, en partenariat avec l'Institut Manpower pour l'emploi, pour LCI et « Les Echos », le pouvoir d'achat est plus que jamais l'une des principales préoccupations des salariés.

Interrogés début novembre, ces derniers sont 51 % à s'inquiéter de leur niveau de salaire, contre 46 % en juin, chiffre qui était resté stable depuis un an. Ce thème salarial connaît aujourd'hui une nette poussée tandis qu'à l'inverse le temps consacré au travail est un moindre souci, souligne Ipsos. La tendance est plus forte dans le public (+ 8 points) que dans le privé (+ 4 points).


Le privé de plus en plus touché

Globalement, si un salarié sur trois a toujours le sentiment d'être mal payé, le pessimisme gagne du terrain : pour les mois qui viennent, 44 % des personnes interrogées anticipent une baisse de leur pouvoir d'achat. Tout se passe comme si « l'effet Sarkozy » était désormais balayé : en juillet, après l'élection présidentielle, les salariés étaient deux fois moins nombreux à broyer du noir sur cette question.

De tous leurs sentiments sur leur situation personnelle globale, l'inquiétude est toujours en tête (39 % des personnes interrogées, + 2 points) et touche de plus en plus le secteur privé (+ 4 points) et les plus de 35 ans (+ 8 points). A contrario, les moins de 35 ans montrent davantage de satisfaction et de motivation. Enfin, quand on demande aujourd'hui aux salariés ce qu'ils pensent de l'évolution de la situation économique et sociale du pays, ils se montrent inquiets à 80 %. Ceux qui croient à un conflit social dans leur entreprise ne sont pourtant pas plus nombreux qu'il y a quatre mois. Pas plus que ceux qui seraient prêts à participer à une grève (52 %).


BTP, commerce et industrie

Les salariés n'ont en tout cas pas grand-chose, semble-t-il, à attendre de leur employeur. Dans trois cas sur cinq, ils ne font pas confiance à leur patron pour leur proposer, « autant que possible », un niveau de rémunération correspondant à leur mérite. De fait, selon Ipsos, les chefs d'entreprise ne sont plus que 35 % à penser pouvoir augmenter les salaires, contre 50 % en juillet. La chute est particulièrement forte dans les entreprises de moins de 50 salariés, elle est accrue dans le BTP et le commerce, et surtout dans l'industrie. Elle fait écho à un état d'esprit mitigé de dirigeants : sur la situation de leur propre entreprise, un tiers d'entre eux sont aussi inquiets qu'il y a un an, mais un quart d'entre eux se déclare plus confiants. Sur la situation économique et sociale du pays, le pessimisme, en revanche, l'emporte largement.


GUILLAUME DELACROIX
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Mobilisations
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:10

Célébration du génie colérique

Source : L’Huma
Tribune libre - Article paru le 20 novembre 2007

par Michel Onfray, p
hilosophe à l'université populaire de Caen



Une fois encore on mesure combien l’univers médiatique dans sa quasi-totalité prétend à l’objectivité en martelant que la raison exigerait la « modernisation » de la société pendant que les archaïques n’y auraient rien compris en voulant maintenir des « injustices », en l’occurrence les « régimes spéciaux ». Or la fameuse « modernisation » n’est que le nom de code d’une opération qu’il faut bien plutôt nommer « libéralisation ». Quant aux prétendues « injustices » des régimes spéciaux, elles relèvent elles aussi du nom de code libéral pour cacher les « acquis sociaux » et le « droit du travail »…


Cette logique politique s’appuie sur une double opération : d’une part, l’oubli d’une catégorie de vrais parasites ; d’autre part, la désignation de boucs émissaires, à savoir les fonctionnaires, fainéants par nature, assistés, privilégiés, preneurs d’otages, on connaît la chanson. Enseignants, personnels soignants, cheminots, salariés d’EDF ou de la RATP sont donc désignés comme les coupables du mal social français, et l’on attire la vindicte sur eux à l’aide de la complaisance médiatique.


La violence concentrée sur ceux-là dispense de la diriger vers les catégories oubliées, à savoir
 : régimes spéciaux de la fiscalité des parlementaires, chambre haute et chambre basse ; des militaires retraités bien vite recyclés dans la vie active ; des PDG couverts d’or quand ils ont mené leur entreprise à la faillite et qu’on les éloigne de leur directoire ; d’un Président de la République qui, après avoir abondamment exonéré ses amis avec le paquet fiscal, puis refusé un coup de pouce au SMIC, s’octroie une augmentation de salaire de 140 % ; des anciens membres du gouvernement ; des collectionneurs d’art… On n’en finirait pas de lister les régimes spéciaux bien plus spécieux que ceux des travailleurs modestes de la Fonction Publique…


Si d’aventure Sarkozy et les siens sont réellement animés par un désir de justice sociale, d’équité républicaine
, alors qu’ils ouvrent des négociations, certes, mais pour toutes les catégories, y compris celles des épargnés cités ci dessus. Or, on le sait, ces coups d’État sémantiques dans lesquels le sarkozysme excelle cachent la vérité d’une politique libérale : la preuve, le Parti Socialiste, libéral depuis 1983, fait savoir que ce qu’il reproche à Sarkozy, ça n’est pas le fond de l’affaire mais sa forme.


Sur la question de la « réforme » de l’université : on comprendra également qu’il en va là aussi de sa « libéralisation ».
Les étudiants ne s’y sont pas trompés, ils voient bien que le désengagement de l’État républicain se double des pleins pouvoirs donnés à l’argent. La prétendue « autonomie » des universités doit être entendue comme une « dépendance » nouvelle, non plus celle de l’État, mais celle de l’argent. Les « fondations », autrement dit les fortunes privées du capitalisme, sont appelées à compléter dans l’immédiat, puis suppléer bien vite, le budget d’État. Dès lors, la mort des sciences humaines est programmée : quelles entreprises financeraient en effet la philosophie, la littérature, l’histoire de l’art, la musicologie, les études théâtrales, le cinéma, l’esthétique ? Pendant que psychologie et sociologie seraient probablement subventionnées, certes, mais pourvu qu’elles apportent leurs lumières à l’entreprise en fournissant des psychologues compagnons de route aux directeurs des ressources humaines ou des sociologues transformés en hommes de main de l’entreprise…


Seules les sciences dures,
parce qu’elles sont susceptibles de déboucher sur des brevets, donc sur un retour en argent, seront soutenues comme investissement économique, mais sûrement pas comme obligation d’une République à travailler à la recherche fondamentale sans souci d’applications militaro-industrielles futures. Le lobby nucléaire financera la physique ; celui de la chimie, la médecine et la pharmacie ; pendant que le patronat arrosera les facultés d’économie et de droit qui enseignent déjà depuis longtemps les vérités du libéralisme et le bien-fondé de la justice de classe… Quelle banque, quel consortium, quelle holding investiront alors dans les secteurs des sciences humaines ?


Enfin, sur la question de la nécessité d’augmenter le temps de travail en regard de l’augmentation de la durée de vie : quelle étrange cécité intellectuelle fait dire - de Parisot à Cohn-Bendit : « Nous vivons plus vieux, donc travaillons plus longtemps ? » Pourquoi cette fausse causalité ? Parce qu’il s’agit d’une causalité libérale. Car une causalité humaniste, donc de gauche antilibérale, dirait : « Nous vivons plus vieux, donc partageons le travail, et profitons plus longtemps d’un repos mérité. »


En conséquence, le partage du temps de travail donnerait du travail à tous
, attaquerait le chômage qui est l’aubaine du patronat (le coût de la main-d’œuvre baisse) et la gangrène du peuple (le coût social en délinquance, insécurité, répression, arsenal policier, judiciaire, carcéral, en santé publique augmente…) pendant que baisserait le coût des usines à gaz de réinsertion (une aubaine pour les instituts de formation, une gangrène pour les victimes du libéralisme invisibles dans les calculs des chiffres du chômage, mais nullement réinsérées…).


La civilisation du travail, délibérément voulue par Sarkozy
derrière lequel courent nombre de socialistes, doit laisser place à une civilisation libertaire dans laquelle ce qui importe est moins d’aliéner le maximum de sa vie au travail que de la vivre de la manière la moins serve, la moins aliénée, la moins esclave, la moins assujettie qui soit. Par ailleurs, l’économie de cette partie de la société, le temps hors travail, représente une potentialité économique que les prévisionnistes seraient bien inspirés d’intégrer à la nouvelle cartographie de nos sociétés postmodernes occidentales.


Pour financer la politique de l’État, il existe 2 écoles
 : la première, libérale, forte avec les faibles et faible avec les forts, fait payer les pauvres, voilà la raison pour laquelle elle désigne ses victimes émissaires (les prétendus « régimes spéciaux ») pendant qu’elle épargne ses amis les prédateurs (qui fournissent au nouveau Président ses hôtels de luxe, ses yachts sous pavillon de complaisance, ses restaurants de parvenus avenue des Champs-Élysée, ses avions privés, ses lieux de vacances américains).


Et puis il existe une seconde école : républicaine, de gauche
, forte avec les forts et généreuse avec les faibles. Elle ne va pas chercher l’argent dans la poche des gueux, des démunis, des ouvriers, des salariés, des fonctionnaires, des enseignants, des infirmières, des petits, des sans-grade, mais là où il est, autrement dit dans les coffres remplis par les bénéfices effectués non pas avec le travail, mais avec la spéculation, les opérations boursières, les montages entrepreneriaux de patrons voyous qui incarnent la persistance de la tradition négrière dans les pays du Maghreb, en Inde ou en Chine…


Ce que dit aujourd’hui le mouvement social, c’est que le libéralisme ne saurait être l’horizon indépassable de la politique
, certes, mais également de la société et, plus loin, de la civilisation qui procède et découle du modèle français, puis du modèle européen, dans lesquels la Révolution française a tenu un rôle majeur. Or les tenants du libéralisme s’évertuent à le rendre caduc jour après jour en démontant ce qui reste de 1789 et autres moments de l’histoire de la gauche.
D’où l’intérêt de résister…

Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire)
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:06


Une analyse du mouvement en cours.

Source
: L’Huma
Politique - Article paru le 19 novembre 2007 
 
Spécialiste du monde cheminot, l’historien Christian Chevandier est Maître de conférences à Paris-I Panthéon-Sorbonne, auteur de "Cheminots en grève, ou la construction d’une identité" (1848-2001). Éditions Maisonneuve et Larose.


La situation d’aujourd’hui vous semble-t-elle complètement inédite ou peut-on l’inscrire dans une certaine continuité ?

Christian Chevandier.
Tout mouvement social est exceptionnel. Celui-ci comme les autres. Mais il n’en est pas moins le produit d’une histoire. Ce qui me semble nouveau, c’est l’importance de la démocratie dans le mouvement. Les assemblées générales sont vraiment souveraines, ce qui n’était pas le cas il y a quelques décennies. De même, la volonté de convaincre « les copains et copines qui ne sont pas grévistes », comme je l’ai entendu dans une AG, plutôt que de les considérer comme des ennemis, c’est remarquable. Mais cela ne correspond-il pas tout simplement à l’évolution de la société française ?


Quel lien établir entre le statut particulier des cheminots et les autres salariés ? Faut-il parler d’une aristocratie ouvrière au sens propre ou figuré ?

La tentation est forte d’insister sur ce qui est à part et d’oublier que les similitudes sont grandes. Le statut des cheminots et leur régime de retraite datent de l’époque des compagnies ferroviaires privées. C’était pour elles un moyen de garder leur personnel à un moment où les ouvriers changeaient souvent d’employeur. Du coup, tout comme pour les congés payés qu’ils ont eu bien avant 1936, ils sont conscients d’avoir servi de modèle. Aristocratie ouvrière ? Oui, si l’on veut parler de travailleurs qui possèdent leur métier, en sont fiers, sont conscients de leur utilité sociale, mais les cheminots sont alors loin d’être les seuls. Mais parler de privilégiés, lorsque l’on sait ce qu’est leur travail, est d’une stupidité confondante.


Toutes les forces de gauche se sont-elles rangées systématiquement aux côtés des cheminots ?

Non. Je pourrai citer quelques exemples, mais l’interprétation pourrait en être anachronique. Disons simplement que lorsqu’une force de gauche mégote son soutien, elle finit par perdre sa raison d’être et risque plus largement d’évoluer vers autre chose. En se mettant ailleurs, elle se transforme en autre chose.


Dans l’histoire, peut-on dire que les intérêts des cheminots comme corporation ont jamais divergé de l’intérêt national ?

La question semble renvoyer à une spécificité du monde cheminot. L’histoire du groupe social est un élément d’explication. Ainsi, en permettant de joindre rapidement toutes les régions, les chemins de fer ont contribué à l’unification du pays et les cheminots qui ont adhéré à ce projet ont en partie construit la nation au XIXe siècle. La considérable participation du groupe social des cheminots à la Résistance est bien sûr ce qui vient d’abord à notre esprit. Cela s’inscrit dans l’histoire du rapport en France de la classe ouvrière à la nation, assez exceptionnel mais qui correspond à une conception assez ouverte de la nation, dont chacun peut décider de faire partie. Cela recoupe aussi le sens de l’intérêt général qui revient sans cesse dans les propos des cheminots, qui expliquent qu’ils se battent pour tous. J’ai entendu mercredi 14 au matin, lors d’une AG dans un dépôt, un mécanicien expliquer qu’il n’était pas envisageable d’accepter que les futurs embauchés n’aient pas le même statut que lui : « Je ne pourrais pas les regarder dans les yeux. » Cela, on le retrouve dans d’autres groupes qui expliquent que leurs luttes correspondent à l’intérêt de l’ensemble de la population. C’est le cas des postiers, des enseignants, du personnel soignant, etc. Mais ce n’est pas simplement une démarche liée au service public : les travailleurs du privé, lorsqu’ils se battent pour leurs conditions de travail, peuvent aussi avoir en vue l’intérêt du client : ils n’aiment pas fournir des services et des marchandises de mauvaise qualité, ne serait-ce que parce que rien n’est plus frustrant que d’être amené à mal faire son travail. Les cheminots avaient déjà le sens du service public bien avant la création de la SNCF, en 1937 ; cela apparaissait dans leurs mouvements sociaux, dans leurs revendications.


Est-ce la première fois que l’idée d’un retour à l’« équité » est utilisée par le pouvoir politique pour tenter de déconsidérer le mouvement des cheminots ?

Dans la mise en place d’un rapport de forces, la tentation des opposants à une grève a toujours été de démontrer que les intérêts des grévistes et ceux de la population divergent. Mais cela n’a rien non plus de spécifique : lors de la grève des mineurs, au printemps 1963, des articles ont dénoncé leurs scandaleux privilèges. Pensez donc ! Certains étaient logés par l’employeur et les services sociaux et sanitaires des Houillères étaient d’une réelle efficacité.


Les médias dominants jouent un rôle notable pour peser sur le mouvement. En quoi la « bataille de l’opinion » sera décisive pour l’avenir du mouvement en cours ?

Elle l’est toujours. C’est comme cela que les grèves du personnel hospitalier en 1988 et 1991 lui ont permis, notamment aux infirmières qui étaient les plus actives dans ce mouvement, d’obtenir de meilleures conditions d’exercice et des augmentations salariales sans équivalent dans ce pays depuis les années 1970. Mais c’est aussi parce qu’elles ont su imaginer des formes d’action qui ne les opposaient pas aux usagers.  C’est sans doute, pour les cheminots, un des enjeux du présent mouvement social que d’être capables de trouver des modes d’action qui prennent en compte l’intérêt des voyageurs.  Cela dit, l’hostilité des médias (mais pas, individuellement, des journalistes) n’est pas quelque chose de nouveau. Dès le XIXe siècle, hors de la presse socialiste, anarchiste ou syndicaliste, les articles étaient hostiles. La télévision faisait déjà pleurer en 1986 et 1995 sur les « victimes de la grève ». L’expression si indécente de « prise d’otages » n’est pas d’aujourd’hui.


Comment apprécier les victoires ou les défaites dans les conflits ? Ne font-elles pas elles-mêmes l’objet d’un débat politique ?

Bien sûr ! J’entends parfois des cheminots expliquer : « On ne se laissera pas avoir comme en 1986 et 1995. » Mais ces 2 fois-là, ils ont gagné ! Cela s’explique peut-être parce que reprendre le travail est toujours difficile, tout simplement parce qu’une grève est un moment exceptionnel. Tous ceux qui ont participé à un mouvement social savent bien quel souvenir ils en gardent toute leur vie. C’est pour cela que j’ai envie de vous dire que les grévistes de novembre 2007, quelles que soient les suites du mouvement, ont déjà gagné. Ils ont gagné parce qu’ils ont été capables de se mettre en grève alors qu’on nous explique que cela ne sert à rien, que c’est dépassé, que le mot « solidarité » n’a plus aucun sens…



Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Analyses
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:04

Les confédérations syndicales mises à l'épreuve par la base


Sources : Les Echos  22
/11/07 
 
Le conflit sur les régimes spéciaux de retraite a été une rude épreuve pour des confédérations syndicales souvent débordées, voire ignorées, par les grévistes. Il a mis au jour, aussi, des stratégies divergentes entre le sommet et la base syndicaux.


· Bernard Thibault face à des cheminots résistants

La CGT est la plus exposée. A la fois parce que c'est la première organisation à la SNCF, à la RATP et à EDF et GDF et parce qu'elle s'est positionnée clairement dans l'opposition à Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, le conflit sur la réforme des régimes spéciaux menace ses bastions et risque en même temps de l'enfermer dans une image corporatiste. Une fois n'est pas coutume, son leader, Bernard Thibault, a donc pris le risque d'intervenir directement dans le conflit pour proposer une porte de sortie (des négociations d'entreprise tripartites). Il a pris soin de s'afficher pour cela avec les représentants des trois secteurs concernés, dont Didier Le Reste, des cheminots.

Mais, fédéralisme oblige, le leader de la CGT, qui ne veut pas gâcher son image dans le privé, n'a pas le pouvoir d'imposer quoi que ce soit à ses troupes... Et les cheminots cégétistes n'ont pas tardé à reprendre leur liberté, au motif que la base était déterminée, provoquant un regain de tension avec le gouvernement en fin de semaine.

La confédération est donc de nouveau intervenue, en particulier le week-end dernier, pour trouver une issue au travers d'une plate-forme revendicative commune pour aller à la négociation à la RATP, à la SNCF et à EDF, sans dogmatisme. Pour l'instant, la Fédération CGT des cheminots paraît prête à reprendre la méthode à son compte. Quoi qu'elle fasse de toute façon, il est probable que les cégétistes les plus jusqu'au-boutistes rejoignent son principal concurrent.


· François Chérèque pris à contre-pied

Lorsqu'il a lancé son appel à la reprise du travail, le 14 novembre au soir, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, vivement pris à partie dans le cortège parisien mardi, avait sans doute avant tout à l'esprit la montée de l'exaspération dans l'opinion face aux grèves. Cultivant l'image d'une organisation raisonnable, soucieuse de l'intérêt général, le leader cédétiste a saisi l'occasion de la lettre de Xavier Bertrand acceptant l'ouverture de négociations tripartites dans les entreprises pour tenter de reprendre la main alors que, jusque-là, il avait laissé le champ libre à Bernard Thibault.

Mais la CFDT-cheminots a joué à contretemps. Elle a commencé par contredire François Chérèque, en votant jeudi la poursuite de la grève, avant de se raviser. Résultat : son changement de cap est intervenu après l'avertissement de Xavier Bertrand aux syndicats sur le fait qu'il fallait choisir entre la grève et la négociation. Les cheminots cédétistes n'ont, de toute façon, pas grand-chose à perdre : l'hémorragie des militants a déjà eu lieu.


· Le silence de Jean-Claude Mailly

D'ordinaire jamais avare d'une expression publique, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, est plus discret qu'à l'ordinaire, ces derniers temps. On le comprend. Soucieux de ne pas réveiller de conflits internes dans une organisation qu'il a trouvée déchirée à son arrivée et qu'il a réussi à apaiser, le leader syndical se garde de réveiller les vieux démons. Il apporte donc son soutien à ses troupes, où les trotskistes du Parti des travailleurs sont très actifs. Mais n'en rajoute pas.

Soucieux, comme les autres, de l'image de son organisation dans le privé, il a bien conscience, comme les autres dirigeants confédéraux, que l'opinion publique ne soutient pas le mouvement comme les précédents. Or il joue peut-être encore plus gros que la CGT et la CFDT dans les prochaines élections prud'homales, alors que se profile une réforme de la représentativité.


LEÏLA DE COMARMOND
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Analyses
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 02:00

La grogne sociale est contagieuse


Source : Les échos 21
/11/07  

Des grèves ont eu lieu, hier, ou sont annoncées pour ces prochains jours, dans le commerce, le bâtiment, la banque et les services. Les salariés réclament des hausses de salaire ou, dans la construction et la chimie notamment, des retraites anticipées pour métiers pénibles.
La grogne sociale est contagieuse. Centrée sur le pouvoir d'achat, la grève des fonctionnaires a donné l'occasion à des fédérations syndicales du secteur privé de se rattacher au mouvement de protestation. Hier, des appels à la grève et à la manifestation, non reconductibles, étaient ainsi lancés, entre autres, dans le commerce (par FO et la CGT), les services (CGT), le bâtiment (FO et CGT) ou encore chez Yoplait France, où les salariés des trois sites de production ont massivement débrayé à l'appel de la CGT, à chaque fois pour une revalorisation des salaires.
Même motif d'insatisfaction chez LCL, où la CGT, FO et la CFTC appellent à la grève demain « pour les salaires et les conditions de travail ». Dans certains cas, les grévistes ont rejoint le cortège des fonctionnaires, tandis que d'autres, comme ceux de Yoplait, soulignaient au contraire que « les salariés du public ont leurs revendications, nous avons les nôtres ; il ne faut pas tout mélanger ».

Les attentes de plus en plus fortes

Les débats sur les régimes spéciaux, directement liés à la question de la pénibilité des métiers, constituent aussi une bonne planche d'appui pour les syndicats. Alors que la négociation interprofessionnelle sur les départs anticipés pour métiers pénibles, lancée il y a plus de deux ans, n'est toujours pas conclue, la colère des cheminots a incité des professions à réclamer, elles aussi, un régime particulier de retraite. La CGT-chimie a ouvert le bal dès le 14 novembre, date du début de la mobilisation dans les transports, avec une journée de grève pour réclamer la retraite à 55 ans pour les salariés ayant effectué 20 ans de métiers pénibles. Hier, les Fédérations CGT de la construction et du verre-céramique sont entrées dans la danse, avec la même revendication. « Les ouvriers de la construction vivent sept ans de moins que d'autres salariés dans notre pays ; on veut partir à la retraite en bonne santé », explique Eric Aubin, secrétaire général de la CGT-construction.

Certes, la température sociale reste moins élevée dans le privé que dans le public, mais, alors que Nicolas Sarkozy pourrait annoncer demain des mesures en faveur du pouvoir d'achat, ces mobilisations viennent rappeler que dans le secteur privé aussi, les attentes sont de plus en plus fortes. Ces grèves, dès lors, en annoncent probablement d'autres. Dans beaucoup d'entreprises, les négociations salariales, qui ont débuté ces dernières semaines, peinent à avancer et les syndicats s'impatientent. L'intersyndicale de la Société Générale, par exemple, a annoncé hier qu'un mouvement pourrait vite être lancé faute d'un geste significatif de la direction.

DEREK PERROTTE
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire) - Publié dans : Mobilisations
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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 01:57

Les salaires s'invitent dans la grève

 


La sortie de crise par le pouvoir d’achat.
Pour amadouer les syndicats et faire baisser la pression du côté de la Fonction Publique, Nicolas Sarkozy s’apprête à jouer au père Noël avant l’heure. Officiellement, dit-on à l’Élysée, il n’y a aucun lien entre la grève dans les transports et les mesures en faveur du pouvoir d’achat que l’exécutif aimerait annoncer d’ici la fin de la semaine. Mais le chef de l’Etat, qui s’exprime aujourd’hui à Paris devant l’Association des Maires de France, cherche le moyen de sortir par le haut de son premier conflit social d’envergure. D’où l’idée de répondre dans l’urgence à cette question du pouvoir d’achat qui constitue la préoccupation n°1 des Français et qui avait été au cœur de la campagne présidentielle sarkozyste (avec le fameux slogan «Travailler plus pour gagner plus»).


Sous une forme qui reste à préciser (intervention télévisée, discours à l’occasion d’un déplacement, entretien dans la presse…), Sarkozy aimerait, jeudi ou vendredi au plus tard, présenter de manière concrète plusieurs mesures susceptibles de redonner de l’argent aux Français. Sa mesure phare sur les heures supplémentaires n’ayant pour l’heure pas produit les effets escomptés, il a demandé à Bercy et à Matignon d’accélérer sur certains textes (les «hot lines») et de lui dégoter d’autres dispositifs rapides à mettre en œuvre.


Cette improvisation présidentielle n’est pas sans contraintes, notamment budgétaires
. Car le gouvernement navigue dans des eaux macroéconomiques troubles, entre une croissance molle et des déficits publics difficiles à maîtriser. Au point que les autorités européennes surveillent l’état de la France comme du lait sur le feu.


En juillet le gouvernement a fait voter la loi Tepa (Travail Emploi Pouvoir d’Achat) : 15 milliards d’euros, dont 6 consacrés à la défiscalisation des heures supplémentaires. Le reste permettant notamment la création d’un bouclier fiscal à 50%. Un «choc de croissance» voulu par le Président, qui a pour léger défaut d’assécher les faibles moyens budgétaires de l’Etat. Pour l’instant, ces mesures ne se traduisent guère en argent supplémentaire pour les salariés.


Même du côté du patronat, on considère la disposition «inefficace»,
comme le juge Jean-François Bernardin, président de l’assemblée des chambres de commerce et d’industrie, dans une interview à La Croix.


Au moment ou les produits de grande consommation flambent et ou le pétrole crève les plafond, les Ministres sont contraints de saupoudrer de nouvelles aides : revalorisation de la prime à la cuve pour ceux qui se chauffent au fioul, revalorisation de l’APL de 3%, possibilité pour certains agents publics de se faire payer un nombre limité de jours de RTT… Le gros morceau pourrait venir au moment de la mise en œuvre des préconisations de Jacques Attali et de la commission qu’il préside, pour «libérer la croissance.» La réforme de la loi Galland, si elle s’applique, devrait «stimuler le pouvoir d’achat et faire baisser les prix», comme l’explique Frédéric Lefèbvre, secrétaire national de l’UMP chargé de l’économie et député des Hauts-de-Seine. «Le pouvoir d’achat est un sujet politique maintenant», note un député UMP. Difficile de lui donner tort…



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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 11 2007 01:45
Pourquoi ça bloque

La grogne s'étend dans les facs. 43 universités étaient perturbées sur 85 vendredi, contre 13 la semaine précédente, d'après le décompte de l'AFP. Et ce n'est pas la rencontre jeudi dernier entre la ministre de l'Enseignement supérieur et les syndicats étudiants qui va faire perdre en intensité au mouvement. Déçu par cette entrevue, Bruno Julliard, président de l'Unef, a appelé "à poursuivre et à amplifier la mobilisation en participant massivement aux assemblées générales et en votant la grève".

Objet du conflit: la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités) promulguée le 10 août. Un texte qui permet aux universités d'accéder à une autonomie de gestion d'ici cinq ans. Priorité du candidat Sarkozy, la réforme avait été menée au pas de charge au coeur de l'été. Au pas de charge, mais pas sans concertation. Des négociations tumultueuses durant lesquelles Valérie Pécresse avait souvent soufflé le chaud et le froid, obligeant le chef de l'Etat à intervenir pour donner des gages aux organisations étudiantes.

La plupart d'entre elles étaient alors apparues soulagées. Ni augmentation des frais d'inscription ni sélection à l'entrée de l'université n'étaient inscrites au menu de la reforme. Et Nicolas Sarkozy promettait bien un budget d'un milliard d'euros supplémentaire pour 2008 (une augmentation de 9% par rapport à 2007), en guise de début de réalisation de sa promesse de campagne: augmenter de 50% en cinq ans les crédits alloués à l'université. Pour autant, les inquiétudes d'autres syndicats étudiants n'étaient pas entièrement levées. Elles se sont réveillées un mois à peine après la rentrée universitaire.


Lire la suite :
http://www.rue89.com/2007/11/18/r%C3%A9forme-de-luniversit%C3%A9-pourquoi-%C3%A7a-bloque





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