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La journée de réflexion 
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Vous êtes sur le blog de la coordination UNSA Animation, géré par le Syndicat de l'Education Populaire.

C'est un espace de discussion, dédié aux salariés de l'Animation et de l'Education Populaire, agents d'animation, animateurs, directeurs, personnels administratif et de service, des trois fonctions publiques et du secteur privé.


Retrouvez le site du SEP sur sa nouvelle adresse :
http://sep.unsa-education.org  

Histoire

Lundi 29 janvier 2007

 

 

Il était une fois Animation

 

Ce récit est un conte, puisqu'il débute par « il était une fois? ». Comme tous les contes, il ne se préoccupe guère de la véracité des chronologies, du nom réel des protagonistes, de la description fidèle des lieux. Ici il embellit, là il arrange, ailleurs il caricature. Chacun peut donc à son tour, compléter, améliorer, enrichir ce texte. Pourtant comme tout les contes, il n'est jamais totalement éloigné de la réalité, il possède simplement sa propre logique pour la mettre en mot, en scène. Aussi, toute reconnaissance avec des faits ou des personnages ayant existés n'est pas totalement fortuite : le hasard a rarement de place dans un conte ?

 

 

Il était une fois, dans la grande forêt de la société une vieille dame qui s'appelait Education Populaire. Elle était née dans les années 1860 et était donc presque centenaire lorsqu'elle eut une fille que l'on prénomma Animation. Le père de celle-ci nous reste inconnu. La rumeur a bien évoqué Travail Social ou Développement Urbain, mais aucune confirmation ne l'a accompagnée et il n'y eut jamais de reconnaissance en paternité.

 

 

Comme il se doit, un jour Animation quitta la maison maternelle en quête d'aventure et d'indépendance. Elle s'enfonça dans la profonde forêt et ne manqua pas d'être attirée par de nombreuses découvertes. Abandonnant ses anciens amis les Bénévoles, elle lui préféra la bande des Animateurs Professionnels avec qui elle devint inséparable. C'est d'ailleurs avec eux qu?elle aborda la première étape de son chemin. C'était au pied du plus beau, du plus brillant, du plus attirant édifice de la forêt : la maison Culture. Pour pouvoir y rentrer, il fallait séduire ses habitants, les Artistes Patentés. De longs mois Animation joua la comédie, dansa, chanta sous leurs fenêtres. Elle se démena dans des ateliers, des stages de réalisation. Elle accepta même parfois de renoncer à sa vocation en servant la culture dominante et élitaire de l'excellente et du choc esthétique. Rien n'y fit. Du haut des tours de la maison Culture, elle ne reçu que moqueries et quolibets, se faisant traiter d' « amateur » et de « socio-cu ». Jamais on ne su vraiment laquelle de ces deux injures était la pire !

 

 

La mort dans l'âme Animation dut reconnaître que sa place n'était pas dans la maison Culture et elle se résolut à poursuivre son chemin.

 

 

Plus loin, elle arriva devant une bâtisse austère nommée Ecole. Elle dut montrer patte blanche mais fut plus facilement admise à y pénétrer. On l'installa au fond d'une grande salle appelée Classe. Elle admira beaucoup l'érudition des professeurs qui se succédaient sur l'estrade devant le tableau noir. Elle était bien plus critique sur la méthode qu'ils employaient pour transmettre leur savoir. Ils la nommaient Pédagogie, elle l'aurait souhaitée plus active, plus participative, plus vivante. Elle avait du mal à trouver sa place. Certains de ses Animateurs s'occupèrent d'ateliers, proposèrent des activités complémentaires aux programmes scolaires, à d'autres on demanda d'organiser intelligemment les temps de garderie et de cantine, d'autres encore acceptèrent même de faire de l'aide aux devoirs ou du soutien scolaire. On leur fit des contrats, des « bleus », des « d'aménagement du temps de l'enfant », des « éducatifs locaux», des « de réussite éducative » ? et d'autres dont les noms ont été oubliés.

 

 

Animation laissa ainsi une partie des Animateurs professionnels auprès de l'Ecole et continua son voyage.

 

 

C'est avec enthousiasme qu'elle fut accueilli à bras grand ouverts dans le lieu suivant : le Champ du Social. On était heureux de la voir, tout juste si on n'attendait pas qu'elle, il faut dire qu'on avait bien du travail à lui confier. Un quartier qui brûle, aussitôt « Animation, on a besoin de toi ! », des jeunes inoccupés et en errance, « il faudrait que les Animateurs s'en occupent », une fracture du lien social pour telle catégorie de personnes, « Mais que fait Animation ? »

 

 

 

Certains de la bande cédèrent à ses nombreuses sollicitations. Pour Animation la coupe fut vite pleine. On la confondait avec quelqu'un d'autres, il lui fallait repartir.

 

 

Animation était assez désespérée. Arriverait-elle trouver sa place dans ce vaste monde ? Broyant ainsi des idées sombres, elle fut attirée par les lueurs d'un feu au milieu d'une clairière. Ceux qui étaient installés là pour la « veillée » -comme ils disaient- étaient les Associations et Mouvements de Jeunesse. Ils l'invitèrent à se joindre à eux. Elle y resta. Souvent elle fut surprise que leurs activités, leurs chants, leurs récits lui rappellent son enfance et sa maison maternelle, mais elle n'en disait rien, rejetant toutes nostalgie et ne revendiquant aucun héritage. Le temps passant, une plus grande confiance s'instaura. Certains lui racontèrent qu'ils étaient très proches de l'Ecole et qu'ils voyaient comment Animation pouvait oeuvrer avec et autour d'elle. D'autres vinrent même lui murmurer qu'ils avaient, eux aussi, étaient très proches des Bénévoles, qu'ils les avaient peut-être un peu trop oubliés et qu'ils voulaient leur redonner une place. Animation se sentait assez bien avec les Associations et Mouvements de Jeunesse. Elle aimait leurs discours et leurs débats, même si elle regrettait leur concurrence entre elles et les luttes de pouvoir au sein de leur famille.

 

 

Après plusieurs jours de cheminement, l?ensemble du groupe arriva devant un immense labyrinthe : celui des Collectivités Territoriales.

 

 

C'était un dédale de couloirs s'ouvrant sur une multitude de salles de conseils, de salles de commissions, d'assemblées régionales, départementales, municipales sans oublier les espaces des communautés de communes et d'agglomérations? Les Associations et Mouvements de Jeunesse venaient là pour affaire : passer des conventions, répondre à des appels d'offres, toucher ou négocier une subvention ?

 

 

Animation pensa que c'était peut-être là, entre les Collectivités Territoriales et les Associations et Mouvements de Jeunesse, qu'elle avait sa place à construire. Les Animateurs Professionnels furent embauchés pour partie par les unes pour parties par les autres. Il y eut beaucoup de constructions d'équipements et de  propositions d'activités aux populations. Essentiellement pour les enfants et les jeunes, mais aussi pour les adultes dans leur temps de loisir, pour les personnes âgées dans les maisons de retraite, plus spécifiquement pour les malades, les handicapés ou les prisonniers.

 

 

Que savait Animation  de l'Etat, cet être lointain et supposé puissant. Peu de chose à vrai dire. Elle savait qu'il intervenait par  son intermédiaire nommé Ministère de la Jeunesse et des Sports, que sur le terrain ses agents étaient des conseillers ou des inspecteurs dont elle ne connaissait pas vraiment la différence. Qu'ils proposaient des dispositifs, parfois avec quelques moyens financiers à la clé, souvent peu ? Elle savait que selon les ministres, on s'intéressait plus ou moins à elle. Que l'une de ces ministres avait même voulu promouvoir Education Populaire, mais que ce projet ne l'avait pas réellement concerné.

 

 

Pour autant Animation sentait bien que le sujet reprenait de l'importance. Les Associations et Mouvements de Jeunesse, d'abord timidement puis avec davantage d'assurance s'étaient mis à revendiquer leur lien avec Education Populaire, nombres d'Animateurs semblaient voir en cette vieille dame, la source de leur engagement et l'originalité de leurs démarches.

 

 

Animation s'interrogeait. Elle avait quitté la maison maternelle depuis plusieurs années maintenant, en quête d?indépendance et d?autonomie. Pour autant, elle sentait bien que sa place n'était pas facile à trouver. Que les pièges étaient nombreux pour elle dans la grande forêt de la société et que son rôle éducatif restait à faire reconnaître.

 

 

Parfois elle rêvait qu'Etat, Collectivités Territoriales et Associations se retrouvaient . Qu'ensemble ils dressaient une analyse sans complaisance des difficultés des gens à vivre et à construire un avenir ensemble. Qu'ils en concluaient qu'un véritable travail de citoyenneté était indispensable. Qu'ils se coordonnaient pour agir et s'en donnaient les moyens. Alors ils l'appelaient elle, Animation, ils lui confiait la tâche de retrouver Education Populaire et d'oeuvrer ensemble à l'émancipation individuelle et collective. Chaque fois elle se demandait si elle serait capable de retrouver la route qui conduit vers la maison de l'Education Populaire, si elle l'avait semait de cailloux blancs ou de miettes de pain mangées depuis longtemps par les oiseaux. Et c'est dans cette angoisse qu'elle se réveillait ? elle venait de rencontrer Utopie, et c'est elle qui dorénavant la ferait avancer !

 

Denis ADAM

 

Le 26 janvier 2007

 

 

 

Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire)
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Samedi 19 mai 2007

 

Il y a 70 ans, un ministre de l’Education nationale faisait respecter la laïcité : Jean Zay

Par Jean-François Chalot

article publié dans la lettre 538

Lien permanent vers cet article

 

Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire)
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Jeudi 10 janvier 2008
 

Une revendication majeure, vieille de plus de 150 ans

Retour avec Michel Dreyfus, historien et directeur de recherche au CNRS-université Paris-I, sur une question au centre des luttes du mouvement ouvrier.


Source : L’Huma   Article paru le 7 janvier 2008



Quel est le point de départ historique de la réduction du temps de travail ?

Michel Dreyfus. Il faut séparer les premières mesures législatives des avancées réelles. L’idée d’imposer des limites restrictives au temps de travail est présente dès le XIXe siècle. Elle ne concerne alors que les populations les plus fragiles, les femmes et les enfants, qui enduraient des cadences de travail pouvant atteindre 12 à 16 heures par jour. Mais les deux premières lois, votées en 1841 et 1874, sont restées lettre morte. Car, en l’absence de contrôle, personne ne les appliquait. Il faut d’ailleurs rappeler, pour mémoire, que le premier corps d’inspecteurs du travail, aux moyens notoirement insuffisants, ne date que de 1892 et que le premier ministère du Travail est apparu en 1906. Avant ces dates, ils n’y avait pas de contrôles.


À partir de quand devient-elle une revendication syndicale ?

Michel Dreyfus. Au tournant du XXe siècle. En 1906, la CGT organise sa première campagne nationale, sur les revendications d’une journée de 8 heures et d’une semaine de 48 heures. C’est un mouvement de grève fondateur, qui permet alors à la CGT d’exister. Mais malgré une mobilisation importante, la revendication est repoussée. Elle gagne néanmoins en popularité chez les travailleurs. En 1919, le gouvernement finit par voter la loi pour désamorcer les grèves qui ont marqué la fin de la Première Guerre mondiale. Là encore, il restait à la faire appliquer. Mais les organisations syndicales pouvaient à présent s’appuyer sur une loi qui s’applique à tous. Vient ensuite le Front populaire et ses avancées emblématiques : les conventions collectives, les congés payés et la semaine de 40 heures.


Quels sont les enjeux, passés et présents, de la RTT ?

Michel Dreyfus. À l’origine, c’est une question civilisationnelle. À partir de la fin du XIXe siècle, les gens cessent de mourir de faim en
Europe. La question de l’accès aux loisirs, l’épanouissement personnel et la préservation de la santé des salariés commencent alors à s’imposer. C’est l’idée, qui n’avait alors rien d’évidente, qu’un homme ne doit pas passer sa vie au travail. Économiquement, le patronat y trouvait aussi son compte. La révolution industrielle ayant fait grimper en flèche la productivité horaire des employés, un chef d’entreprise avait alors tout intérêt à préserver sa main-d’oeuvre pour qu’elle reconstitue au mieux sa force de travail. Dans le courant du XXe siècle, l’enjeu majeur s’est déplacé. D’une préoccupation de santé, on est passé à un combat politique, qui tient à l’engagement de l’État dans la politique de l’emploi. À présent, la réduction du temps de travail est donc considérée comme un levier pour faire baisser le chômage. Mais, devant les violentes critiques contre la loi sur les 35 heures promulguées par le gouvernement Jospin, certains défenseurs de la RTT ont préféré abandonner la question de la baisse du chômage pour se recentrer sur les revendications d’origine : limitation du stress, amélioration du bien-être, etc. Quoi qu’il en soit, la réduction du temps de travail est un arc historique qui a commencé il y a plus de 150 ans et la logique voudrait qu’elle se poursuive.

Mais sa légitimité intellectuelle est encore contestée : pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a parlé du « choix historiquement stupide » du gouvernement Jospin…

Michel Dreyfus. En 1937-1938, la droite avait remis en cause la semaine de 40 heures dès la fin du Front populaire… avant de faire machine arrière. Aujourd’hui, le gouvernement est totalement décomplexé sur la question. Il s’attelle à déconstruire le droit du travail français, avec délectation et allégresse. C’est très inquiétant.

Entretien réalisé par Mehdi Fikri
Par SEP (Syndicat de l'Education Populaire)
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