André Santini veut uniformiser !
Les fonctionnaires pourraient à terme cotiser 41 années pour bénéficier de retraites pleines
Source : La Gazette des communes, 15 Octobre 2007
Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini a indiqué lundi que les fonctionnaires pourraient à terme cotiser 41 années pour bénéficier de retraites pleines, évoquant «une uniformisation» avec le régime général.
«C'est le Premier ministre, qui connaît bien le dossier puisqu'il a mené la réforme de 2003, qui va reprendre les négociations», a déclaré le sénateur-maire d'Issy-les-Moulineaux sur France-2. «Mais il est vrai qu'on va aller partout vers une uniformisation».
Interrogé sur les suppressions de postes prévues dans la Fonction publique, André Santini a rappelé que «c'était annoncé» et les a justifiées par une «opportunité démographique». «On a tellement engagé de fonctionnaires depuis 1990 qu'aujourd'hui on a des départs en retraite», a-t-il affirmé. «Il ne s'agit pas de licencier des gens, il n'y a pas de plan social».
Enfin, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique a assuré que le gouvernement ne reculerait pas sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, malgré la journée de grève qui s'annonce forte jeudi. «Ce serait inique de ne pas la réaliser», a-t-il affirmé. «C'est la seule solution.»
Parallèlement, dans un entretien accordé à l’agence Reuters à trois jours des grèves organisées jeudi dans les transports, l'énergie et la fonction publique contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, la fusion GDF-Suez, ou les suppressions de postes dans la fonction publique d'Etat, le secrétaire d’Etat à la fonction publique indique que le gouvernement «souhaite faire du dialogue social dans la fonction publique un modèle pour le privé». Pour l'instant, souligne-t-il, «le dialogue social est bien mis à mal: depuis 1998, on n'a pas pu obtenir d'accord entre l'administration et les syndicats, et le niveau de conflictualité est plus élevé que dans le privé». «Une piste serait de donner aux managers les moyens de signer des accords à leur niveau dans leur administration», a expliqué le secrétaire d'Etat.
Commentaire :
Le gouvernement met sa politique (plutôt celle du président) en application !
La responsabilité des organisations syndicales est engagée sur l'acceptation ou non de cet ersatz de dialogue social qui ne peut conduire qu'à l'abandon des acquis sociaux, obtenus de haute lutte depuis des décennies.
Le droit social (inclus le statut de l'emploi public) est le résultat d'une histoire où se confrontent en permanence le rapport des forces sociales et politiques. Son évolution ne peut se réaliser sans un dialogue social respectueux des droits et obligations de chaque partenaire.
Un vrai dialogue social, visant cette uniformisation souhaitée par Santini, consisterait à "tout mettre sur la table" en matière de financement, d'obligations de services, de conditions de travail, de déroulement de carrière, de pénibilité et de rechercher des solutions qui renforcent les droits sociaux.
Mais tel n'est pas du tout l'objectif de ce gouvernement... même s'il veut donner le change !
Tout régime politique libéral ne peut se satisfaire du frein que constitue précisément le dialogue social. Une politique libérale a pour but de "libérer" les forces économiques des "contraintes" du droit du travail... et, à fortiori du statut des fonctionnaires, de leur nombre, de ce qui est présenté à l'opinion publique comme leurs "avantages"...
C'est pourquoi tout pouvoir libéral doit obtenir la modification, à son avantage, du rapport de force social.
La montée actuelle des mouvements sociaux dans les secteurs public et para public répond à la situation créée par le pouvoir et correspond, paradoxalement, à son attente. Car il a besoin de la défaite des organisations syndicales pour poursuivre sa politique. Et s'il l'obtenait dans le secteur public, plus syndiqué que le secteur privé, alors la route serait libre pour continuer la casse des droits sociaux !
C'est exactement ce qui s'est passé avec Margaret Thatcher et la grèves des dockers anglais, avec Ronald Reagan et la grève des aiguilleurs du ciel américains...
La responsabilité des syndicats du secteur public est donc énorme dans la bataille qui s'annonce.