Assemblée nationale : budget Jeunesse & Sport
L’abandon des missions éducatives traditionnelles au profit de l’information, du conseil et du volontariat
Vous trouverez ci-joint l'état des débats lors de la discussion du mercredi 7 novembre à l'assemblée nationale du budget de la mission sport jeunesse et vie associative
Mme Annick GIRARDIN est députée de St Pierre et Miquelon. Elle est CEPJ et à ce titre, elle est statutairement en position de détachement à l'Assemblée Nationale (comme l'était notre collègue Catherine PICARD, de 1997 à 2002) et membre du SEP !
Mme Annick Girardin – L’intitulé même de cette mission témoigne d’un glissement préoccupant des priorités, de la jeunesse et de la vie associative vers le sport, au détriment d’une bonne cohésion sociale.
Les crédits de paiement pour la jeunesse et la vie associative passent ainsi de 136 à 132 millions, ce qui réduira mécaniquement le nombre de structures aidées. Les associations apprécieront, qui voient déjà les exigences de l’État augmenter, sans que celui-ci, du reste, ne respecte même ses engagements contractuels !
En faisant de la protection des mineurs et de l’éducation populaire les grandes perdantes de ce budget, vous niez la place fondamentale de la vie associative et de l’éducation dans notre société. Certes, le développement de la vie associative est en légère hausse mais l’animation et l’encadrement sont en baisse. En outre, les aides aux associations reposent sur le seul volontariat, qui suppose la compensation des cotisations sociales, soit un effort budgétaire en forte augmentation. Et vous consacrez plus d’un million à la promotion du volontariat auprès des jeunes, comme s’ils ne s’y précipitaient pas assez nombreux…
En somme, ce projet illustre l’abandon des missions éducatives traditionnelles au profit de l’information, du conseil et du volontariat : virage fondamental que l’on ne saurait prendre au détour d’un budget, alors même que le lien social se délite peu à peu ! Pour réapprendre à vivre ensemble, il nous faut pourtant enseigner la citoyenneté à tous avec l’ensemble des professionnels reconnus, qu’ils viennent de l’État, des collectivités ou des associations. Au lieu de cela, l’État se désengage, précarise les associations, laisse les collectivités libres de leurs choix. Notre société perd ses repères, et vous la fragilisez davantage ! Nous sommes loin des promesses faites à l’automne 2005, peut-être parce qu’à l’époque, les banlieues flambaient et les élections approchaient.
La baisse des crédits touche jusqu’à la promotion du sport pour le plus grand nombre et la prévention par le sport, au seul profit, via une compensation d’exonération de charges, des entreprises de sport spectacle. Ce reniement flagrant des engagements du Président de la République est inacceptable : on promettait de consacrer 3 % du budget de l’État au sport, mais nous devrons nous contenter de 0,38 %, et encore cette part comprend-elle les 32 millions consacrés à la compensation susdite ! C’est rompre le nécessaire équilibre entre les différents secteurs de votre mission. Il est urgent de le rétablir ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)