Réactions syndicales aux propos de Sarkozy sur les 35h...
LE PRÉSIDENT DU POUVOIR D’ACHAT TOMBE LE MASQUE
Source : La Marseillaise (13)
| L es responsables des organisations syndicales CFDT, CGT, FO, Solidaires et UNSA des Bouches-du-Rhône réagissent aux propos de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse du 8 janvier. Aveu d’impuissance de la part de celui qui s’était présenté comme le futur « président du pouvoir d’achat ». D’ailleurs, constate le syndicaliste, « cette question ne fait plus partie des priorités ». En lieu et place, accuse Jean-Marc Cavagnara, « on a eu droit à un discours fumeux sur la politique de civilisation ». S’il estime que la conférence de presse présidentielle ne permet pas de savoir quelle est « l’orientation de Nicolas Sarkozy », il considère aussi qu’une chose est sûre : « l’orientation, c’est la casse des solidarités et des garanties collectives ». Et d’en rajouter une louche en affirmant : « c’est une attaque à la législation du travail qui nous ramène 4 ans en arrière. 40 ans, et même plus ». Notant que « ce n’est pas ainsi que l’on construit la cohésion sociale », il prévient : « il (Nicolas Sarkozy) nous trouvera en face ». L’heure est à la riposte aussi pour Mireille Chessa, la secrétaire générale de l’Union départementale CGT 13. Pour elle, les propos de l’hôte de l’Elysée « promettent des heures compliquées pour se faire entendre ». Pour elle, Sarkozy s’est fait « l’écho du Medef qui demande l’abandon du code du travail ». Avant de rappeler au passage que « seulement 40% des entreprise appliquent les 35 heures ». Ce qui relativise les discours sur leur remise en cause comme solutions à tous les maux, « d’autant qu’elles représentent de réelles avancées pour ceux qui en bénéficient ». Mireille Chessa a constaté que les propos présidentiels ont « choqué des salariés » qui avaient été sensibles au discours de campagne « travailler plus pour gagner plus », quand la politique menée conduit « travailler plus et travailler plus vieux pour gagner moins ». Pour elle, « le masque tombe ». Ce qui la conduit à revenir sur le pouvoir d’achat et ce qui en constitue la clef, le niveau des salaires. Questions d’autant plus cruciales que leur « augmentation générale de 4,5% comblerait le déficit du régime général des retraites ». Salaires et pouvoir d’achat, rappelle-t-elle, sont au cœur des objectifs de la journée de mobilisation dans la fonction publique du 24 janvier. Plus généralement, elle pense que « le pouvoir d’achat constitue le problème numéro 1 du monde du travail ». Avant d’annoncer que la CGT et son UD des Bouches-du-Rhône entendent se placer « résolument à l’offensive sur cette question ». Alain Comba, secrétaire de l’UD FO 13 n’a « pas été surpris par les propos présidentiels ». S’agissant de la fin des 35 heures, il rappelle que son organisation syndicale n’était pas très enthousiaste à l’époque. « Non pas sur le principe, mais sur la façon dont elles ont été mises en place par Martine Aubry ». Pour lui, « ces 35 heures, les salariés se les sont payées avec tous les dispositifs qui ont accompagné leur mise en place. Suppression ou réduction des pauses, modération salariale et autres mesures tendant à en affadir la portée ». Dès lors, ironise-t-il, « si on les abolissait, il faudrait rembourser les salariés de tout ce qu’elles leur ont coûté ». Quant au « président du pouvoir d’achat, ça (le) fait doucement rigoler d’entendre qu’il n’ a plus rien à mettre sur ce plateau de la balance ». Et pour cause. « Après les cadeaux fiscaux consentis en début de mandat… ». Alain Comba n’y va pas par quatre chemins pour qualifier ce qui se passe : « on voudrait nous faire revenir aux années 1800 où il y avait les très riches et les autres qui devenaient de plus en plus en plus pauvres ». Gérard Avena, responsable de Sud Santé, s’exprimant au nom de l’Union syndicale Solidaires des Bouches-du- Rhône, considère que le discours Sarkozien qu’il na pas entendu mais dont il a pu prendre connaissance, « les médias ne parlaient que de ça » fait-il observer, constitue un démenti du slogan « travailler plus pour gagner plus ». Voilà qui, selon lui, confirme combien son organisation syndicale avait eu « raison de dénoncer ce slogan ». Et Gérard Avena de poursuivre son réquisitoire que le président n’a « rien dit sur le pouvoir d’achat ». « Même pas un rappel des mesures annoncées quelques jours avant ». « A croire qu’elles n’avaient guère fait recette dans l’opinion ! » En revanche, et Gérard Avena voit là le symbole de toute une politique, Sarkozy « ne mégote toujours pas quand il s’agit des intérêts des actionnaires ». Ainsi, il a suffi qu’il préconise la suppression de la publicité sur les chaînes publiques pour que l’on enregistre « une augmentation de 10% des actions de TF1 ». S’exprimant au nom des autonomes de l’UNSA des Bouches-du-Rhône, Bernard Goudilière a trouvé Nicolas Sarkozy « comme d’habitude, brillant sur la forme mais auteur d’un discours en creux sur le fond ». D’abord parce qu’il n’est « pas intervenu sur ce que l’on attendait de lui ». Ou « juste deux phrases, pour dire que les caisses sont vides ». Sans doute, estime Bernard Goudilière, le seraient elles moins « sans les cadeaux fiscaux de début de mandat ». Mais « rien sur le pouvoir d’achat, sur les salaires, sur la croissance ». A l’instar d’ « un pilote d’avion en difficulté qui envoie des leurres pour tenter de se tirer d’affaire », poursuit Bernard Goudilière, le Président de la République, a balancé des leurres. « Ainsi celui sur le service public de télévision », celui « sur sa vie privée, sans parler de la politique de civilisation ». Ou pis, « les propos sur les gens qui passent leur temps à défendre des acquis et des rentes de situation, sans dire qu’il s’agit de conquêtes de générations de travailleurs. Ni que ces gens-là, n’ont pas les moyens de se payer des vacances luxueuses en Egypte ». Reportage : Christian Carrère Photo: R TERZIAN |