Christine Lagarde : discours
Extrait délicieux du discours de notre nouvelle et populaire ministre de l'économie :
"Reconsidérer le travail, c'est rompre avec une tradition de mépris qui trouve sa source dans l'Ancien Régime, quand les nobles avaient défense de s'adonner au commerce. La Révolution Française n'a pas mis fin à cette attitude. On la retrouve au XIXè siècle chez de nombreux auteurs : Paul Lafargue, dans son livre Le droit à la paresse, recommande à l'homme de ne travailler que trois heures par jour, et de passer le reste du temps à « fainéanter et bombancer ».
Le dernier avatar de ce droit à la paresse, c'est, dans les années 90, le mythe post-industriel de la « fin du travail " : l'homme pourrait, illusion suprême, être définitivement remplacé par des machines et des ordinateurs. La loi des trente-cinq heures est l'ultime expression de cette tendance historique à considérer le travail comme une servitude.
Comment ne pas voir quels préjugés aristocratiques recouvre une telle conception ? A l'inverse, la remise à l'honneur du travail, pour laquelle les Français se sont si clairement prononcés en élisant Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, fait accomplir à notre peuple son véritable tournant démocratique. J'aimerais citer ici, une fois n'est pas coutume à la tribune de cette Assemblée, un des analystes politiques les plus brillants du XIXe siècle, dont les réflexions
restent plus que jamais actuelles : Alexis de Tocqueville". Lequel, comme son nom l'indique n'est pas d'origine aristocratique.
Salut et fraternités
Bernard POIX
Conseiller national UNSA - Economie