Rhône-Alpes : 129.000 salariés associatifs

Publié le par SEP (Syndicat de l'Education Populaire)

 

De la société civile et le monde associatif

Source : http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51083

 

 

de Sabiha AHMINE

Le monde associatif, qui est un fondement de notre société civile, est un acquis fort de la démocratie et de la République. Les associations génèrent du lien social, de la fraternité. Elles sont un vivier incomparable d’énergies, de créativité, de générosité et de compétences. Au moins 40 % des françaises et des français sont membres d’une association.

Comme le souligne un récent rapport, rien qu’en Rhône-Alpes, le nombre des associations dépasse le chiffre de 70 000, avec près de 129 000 salariés, couvrant des domaines aussi variés que l’éducation populaire, la promotion de la citoyenneté, la santé, le sport, la culture, la lutte contre les discriminations… Elles assurent également pour certaines des missions de service public. Le monde associatif constitue ainsi un maillon indispensable d’une implication collective en matière de citoyenneté comme pour l’accompagnement et le soutien aux personnes qui sont laissées pour compte par la politique ultra-libérale du gouvernement. Mais les associations ne peuvent pas se substituer à l’Etat, aux classe sociales ou même à la société civile. Cette dernière qui s’inscrit dans un processus historique bien défini.

Parler aujourd’hui de classe ouvriere, d’avant garde ou de lutte de classe, ne peut échapper à l’évocation de la place des associations. Si la société civile n’a pas à se substituer systématiquement aux carences du politique, au désengagement sociale de l’Etat, elle peut et doit les interpeller sur leurs responsabilités. Il est également de notre devoir de contribuer, à notre niveau, à la mobilisation de toutes et tous pour plus d’ouverture sur les quartiers populaires, en particulier les jeunes. Et d’inscrire la démarche dans une forte articulation avec la lutte contre les inégalités, et contre toutes les discriminations, les racismes et les exclusions. C’est cela la conscience politique. Or dans les faits ce n’est pas toujours et partout le cas.

Alors que notre volonté est d’asseoir une réelle reconnaissance des associations par leur mise en réseau, le financement des associations a toujours été problématique. C’est tout ce qui touche au secteur de l’économie solidaire et coopératif. Car, nous avons aussi besoin de créer des régulations hors marché. Après le désengagement de l’Etat sur le dispositif emploi jeunes, qui a mis en péril l’avenir même d’un secteur aussi vital comme celui de l’accès public aux TIC, on assiste aujourd’hui à un abandon pure et simple de notre tissu associatif. Ce tissu associatif est aujourd’hui affaibli. Il est affaibli à la fois du fait du désengagement de l’Etat, ce qui provoque la généralisation de la précarité et de l’exclusion qui ne touche pas seulement les chômeurs, mais aussi les salariés... Il est affaibli également du fait de la banalisation de la crise de la politique qui, additionné à l’abandon étatique, menace notre socle républicain. En quelques mots simple : le clientélisme politique, prend le relais du militantisme associatif.

PIS encore, après le gel des crédits du Fasild, dont le financement d’origine sont les travailleurs étrangers, on constate que l’enveloppe réservée aux associations a été brutalement réduite. Puis c’est le Fasild lui même qui a été suprimé. C’est pourquoi nous soutenons la démarche de faire émerger des propositions qui peuvent amorcer une nouvelle politique publique plus active, et des modalités de fonctionnement plus transparentes, et plus responsable, entre l’Etat, les collectivités et les associations.

C’est ce qui peut déboucher sur un renforcement des liens et des responsabilités entre la société civile et l’Etat, en privilégiant la participation citoyenne et la volonté de faire exister la concertation à tous les stades. Dont la finalité doit être orientée vers une meilleure implication du citoyen dans la vie publique. Dans ce contexte difficile, nous soutenons également le principe de valorisation de l’emploi associatif, tout en insistant sur la pérennisations et la sécurisation des parcours des militants, par la formation et la qualification.

Mais aussi, le principe de base doit être celui de supprimer toutes forme de tutelle sur le monde associatif. C’est cela l’intérêt général. C’est pourquoi les espaces participatifs, ou autres commissions-extra-collectivité, doivent éviter certains pièges pervers. Ceux de la représentativité par procuration. En outre que ces espaces doivent respecter les critères de parité et de mixité, ils doivent agir dans le sens de libérer le citoyens des tutelles, en les rapprochant de l’espace public. ET non pas prendre leur place, en se positionnant comme un marchand des rêves, qui veut l’intermédière entre le politique et le citoyen. La seule représentativité demeure le sufrage universel. Le rôle des associations est celui de libérer la parole et l’action. La société civile peut ainsi remplir son rôle historique qui, depuis voltaire ou Zola..., a été un soutien à la lutte de classe, en aidant les sans voix à prendre la parole.

Article à suivre : du lien entre la société civile et le politique.



De : sabiha ahmine
mardi 24 juillet 2007

Mme Sabiha Ahmine est adjointe (PCF) au maire de Lyon, chargée de l'intégration et des droits des citoyens et conseillère régionale Rhône-Alpes. Elle tient là des propos qui ouvrent une vraie discussion sur le rôle et les fonctions de la vie associative. On peut ne pas les partager tous. Néanmoins, il semblait utile de les relayer ici...


 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article