Colloque : Atelier 2
Animateur, éducateur, travailleur social, médiateur, agent de développement : quelle identité ? Laïusseurs : Jean-Pierre HALTER* (INJEP), CEMEA L’identité d’un métier n’est pas toujours facile à définir surtout quand celui-ci est confronté à de nouvelles questions sociales et éducatives. Si à l’origine les frontières étaient relativement claires entre l’éducation, l’éducation populaire et le travail social, la première cherchait grâce aux enseignants à instruire, la seconde poursuivait des objectifs de transformation de la société à travers la réflexion et l’action collective, le troisième visait grâce à des professions comme les assistants sociaux, les éducateurs spécialisés la réparation sociale … il n’en est plus de même aujourd’hui. Les changements sociaux et économiques, la question du chômage, des quartiers défavorisés, de l’école ont fait naître dans le pays le besoin de nouvelles réponses. C’est ce que les pouvoirs politiques ont tenté de faire en mettant en place la décentralisation, en prônant une diminution forte de la présence de l’Etat-providence, en concevant une nouvelle façon de faire de l’action publique à partir des territoires, en développant de nouvelles politiques publiques sociales et éducatives et en créant de très, trop nombreux dispositifs. En milieu rural, sont apparus les agents de développement local ; ceux-ci ont essayé d’œuvrer pour pallier la désertification. Si de nombreuses expériences sont intéressantes, on peut néanmoins se demander si cette conception du territoire poussée à l’extrême ne risque pas de conduire à des replis identitaires ou communautaires ? En milieu urbain, de nombreux animateurs vont être amenés à s’occuper prioritairement des populations défavorisées, et vont intervenir surtout pour aider à « l’insertion », la « prévention », « l’accompagnement scolaire » de ces publics ; les dispositifs mis en place vont inciter les animateurs à utiliser certains outils du travail social, comme par exemple la médiation au détriment peut-être d’autres types de pratiques. On les classera alors dans la catégorie des travailleurs sociaux. L’animation serait-elle soluble dans le travail social ? Cette conception peut-elle participer de sa reconnaissance ou au contraire minimiser encore plus sa place et son rôle ? S’agit-il d’une transformation, d’une adaptation à une nouvelle réalité, ou d’un nouveau projet politique ? Les termes d’insertion, de prévention, de développement social des quartiers sont plus facilement employés que les termes de citoyenneté, culture, expression, revendications, contestation, conflit, conscientisation ? Pourquoi ? L’identité de l’animateur serait-elle celle d’un pacificateur social ? De même dans le secteur des politiques éducatives, l’animateur est encore souvent considéré comme un facteur d’appoint qui complète le rôle des enseignants ou de la famille, et non comme un acteur de l’Education à part entière. Quelles en sont les raisons ? Comment et à partir de quoi peut-on déterminer l’identité professionnelle de l’animateur ? Qu’est ce qui constitue le sens de son intervention ? Est-ce le territoire ? Le public ? Le dispositif ? La technique ou la méthode d’intervention ? Ou ses valeurs ? Quel projet défend-il et met-il en oeuvre?