a manifestation, lancée par sept fédérations de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD-Rail, Unsa et Fgaac), quatre fédérations de transport (CGT, CFDT, FO et CFTC), ainsi que Solidaires et la FSU, faisait partie des 70 à 80 actions symboliques prévues dans les grandes villes de France ce mardi - remises de pétition, rassemblements devant les préfectures ou dans les gares - pour protester contre le texte jugé attentatoire au droit de grève par les syndicats, notamment parce qu'il impose aux salariés des entreprises de transport de déclarer leur intention de faire grève 48 heures à l'avance.
Bernard Thibault: "Une grande hypocrisie"
Présent à Bordeaux, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé que cette journée nationale de mobilisation syndicale contre le projet de loi n'était qu'"une première étape". A propos de la déclaration individuelle de grève 48 heures à l'avance, il a parlé d'"une atteinte claire et précise au droit constitutionnel de faire grève", que la CGT contestera par tous les moyens à sa disposition, y compris "juridiques" et devant le Conseil constitutionnel.
"Ce projet de loi, et plus largement la démarche politique du gouvernement", sont "d'une grande hypocrisie", a-t-il poursuivi, car pendant que le gouvernement "se fait le meilleur avocat des services publics" auprès "des usagers qu'il appelle toute l'année des clients", il va "supprimer un poste de fonctionnaire partant à la retraite sur deux".
D'autre part, "toutes les statistiques prouvent" que "ce ne sont pas les grèves qui perturbent le plus les services publics", a ajouté le leader syndical, évoquant notamment le manque d'effectifs ou la vétusté du matériel et des infrastructures.
Suspension de séance à l'Assemblée
Le patron de la CGT a enfin appelé à une poursuite de la mobilisation "unitaire" et donné rendez-vous "en septembre" pour combattre un "texte inacceptable", dont l'objectif pourrait être, selon lui, d'"empêcher d'exprimer le mécontentement des salariés" en encadrant l'exercice du droit de grève avant l'annonce de "mauvaises mesures", dans la santé ou l'éducation.
L'Assemblée nationale a suspendu mardi la séance dès la reprise des travaux à 15h, à la demande des groupes de gauche, afin de permettre aux députés de rencontrer les manifestants rassemblés aux abords du Palais-Bourbon.