Service minimum
Le service minimum mobilise
Mardi 31 Juillet 2007
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées mardi après-midi aux abords de l'Assemblée nationale, pour protester contre le projet de loi sur le service minimum. Dénonçant un texte qui vise davantage, selon eux, à supprimer progressivement le droit de grève, les syndicats, soutenus par des représentants de l'opposition parlementaire, ont prévenu: ce n'est "que le début".Sur le même sujet
Toujours prompt à se mêler à la foule des manifestants et représentants syndicaux, le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon se réjouit: "Ça commence à bouger". Il voit, agglutinées sur la place du président Edouard Herriot qui jouxte l'Assemblée nationale, près de 4 000 personnes selon les syndicats, 1 300 selon la préfecture de police. A l'intérieur, on débat du texte sur le service minimum dans les transports terrestres. A l'extérieur, avec ses autocollants "Oui au droit de grève" collés sur la poitrine, et sous les très nombreuses bannières CGT, Force Ouvrière, FGAAC (agents de conduite) ou CFDT, entre autres, on le combat. Comme dans plusieurs dizaines de villes de France.
A la sortie du métro, l'ambiance est bon enfant. Quelques uns s'égarent avant de trouver le lieu du rassemblement: "Il n'y a personne pour nous recevoir ? - Non, ils sont en train de discuter de notre avenir", échangent deux "camarades" portant fièrement les couleurs cégétistes. Au coeur de la foule, le délégué cheminots CGT, Didier Le Reste, explique le sens de la mobilisation: "Ce qui est visé, c'est à terme la suppression pour les salariés du droit de grève comme moyen d'expression." Et développe: "La philosophie du projet de loi ne répondra pas au quotidien aux problèmes des Français. Il ne permettra pas d'améliorer le dialogue social, et il est donc inutile car le droit de grève est suffisamment encadré", répète-t-il en référence à la négociation préalable mise en place, notamment, à la RATP et à la SNCF et qui permet déjà une réduction des conflits sociaux.
"On ne s'assoit pas autour de la table pour la photo"
Surtout, il fulmine contre le gouvernement: "La CGT ne conteste pas la légitimité politique. Nous nous sommes rendus aux concertations, mais la quasi-totalité des critiques n'ont pas été prises en compte. On ne s'assoit pas autour de la table pour la photo. Il n'est donc pas question de signer des accords si le texte reste en l'état." Et d'aborder la possible mobilisation à venir, dès la rentrée, en assurant que la Coupe du monde, "un événement populaire", n'est "pas une cible. Mais ce n'est pas nous qui fixons le calendrier." Un calendrier que Maxime Gremetz, député communiste également présent, trouvait délicat, avant de se dire "pas déçu. Je me suis dit, mobiliser un 31 juillet, après une année comme celle-là, ils ont de l'audace. Et il y a l'ensemble des organisations, des salariés. C'est un avertissement, un début." Jean-Luc Mélenchon, lui, anticipe aussi des mouvements plus larges, percevant un texte de loi qui "prépare un affrontement avec les syndicats. J'ai la certitude que c'est lié à l'Education nationale", assène-t-il, soulignant la "gravité et la férocité" du projet.
"Nous ne votons pas pour la mise en place du service minimum"
Un début dans la rue, et un début politique donc. Comme il l'avait dit dans les jours précédents, et jusqu'à ce mardi matin, le groupe socialiste entend déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Jean-Marc Ayrault a précisé que les deux points faisant l'objet de ce recours seraient le préavis - selon le texte, les grévistes doivent se signaler 48 heures avant la cessation du travail - et la remise de l'organisation du service minimum aux collectivités territoriales. "On prétend défendre l'usager, mais on porte atteinte au droit de grève, a-t-il expliqué. Nous ne votons pas pour la mise en place du service minimum." Devant les caméras de télévision, François Hollande acquiesçait, lors d'une discussion avec les syndicats lui rappelant que les grèves causaient seulement 3% des retards dans les transports: "Nous sommes du côté des usagers, mais c'est vrai que la plupart des cas (de retards) sont dus à des pannes, des problèmes matériels." Et Jean-Marc Ayrault, dans la même discussion, de concéder que la cessation spontanée du travail - pratiquée, notamment, en cas d'agression - sera compliquée par le texte. "C'est de nature à créer des contentieux", lâchait-il.
Des contentieux, la venue de François Hollande et Jean-Marc Ayrault en a aussi créés. Les deux hommes ont reçu un accueil mitigé de la part des manifestants, se faisant même huer par quelques dizaines de personnes, alors que le service de sécurité tentait de les extraire de la cohue des journalistes. Mais dans l'ensemble, on se réjouissait plutôt du soutien des socialistes, qui ont reçu à l'Assemblée une délégation de huit représentants syndicaux. Joint après cette réunion, Didier Le Reste expliquait que les députés du principal groupe d'opposition leur ont "fait part de l'état d'esprit" qui règne dans l'Hémicycle, et notamment des "velléités de certains parlementaires UMP de durcir le texte". "Personne n'a intérêt à ce que le texte se radicalise", a-t-il mis en garde, avant de s'avancer vers la rentrée: "Les gens vont s'apercevoir que le texte va à l'encontre de ce que ses concepteurs veulent afficher." Satisfait par les rassemblements, à Paris comme en province, il a souligné que l'unité syndicale avait compté. En quittant les abords du Palais Bourbon, certains lancent, rigolards, aux forces de l'ordre qui surveillent les premiers départs: "On revient en septembre." Vraisemblablement, ce n'est qu'un début.
A la sortie du métro, l'ambiance est bon enfant. Quelques uns s'égarent avant de trouver le lieu du rassemblement: "Il n'y a personne pour nous recevoir ? - Non, ils sont en train de discuter de notre avenir", échangent deux "camarades" portant fièrement les couleurs cégétistes. Au coeur de la foule, le délégué cheminots CGT, Didier Le Reste, explique le sens de la mobilisation: "Ce qui est visé, c'est à terme la suppression pour les salariés du droit de grève comme moyen d'expression." Et développe: "La philosophie du projet de loi ne répondra pas au quotidien aux problèmes des Français. Il ne permettra pas d'améliorer le dialogue social, et il est donc inutile car le droit de grève est suffisamment encadré", répète-t-il en référence à la négociation préalable mise en place, notamment, à la RATP et à la SNCF et qui permet déjà une réduction des conflits sociaux.
"On ne s'assoit pas autour de la table pour la photo"
Surtout, il fulmine contre le gouvernement: "La CGT ne conteste pas la légitimité politique. Nous nous sommes rendus aux concertations, mais la quasi-totalité des critiques n'ont pas été prises en compte. On ne s'assoit pas autour de la table pour la photo. Il n'est donc pas question de signer des accords si le texte reste en l'état." Et d'aborder la possible mobilisation à venir, dès la rentrée, en assurant que la Coupe du monde, "un événement populaire", n'est "pas une cible. Mais ce n'est pas nous qui fixons le calendrier." Un calendrier que Maxime Gremetz, député communiste également présent, trouvait délicat, avant de se dire "pas déçu. Je me suis dit, mobiliser un 31 juillet, après une année comme celle-là, ils ont de l'audace. Et il y a l'ensemble des organisations, des salariés. C'est un avertissement, un début." Jean-Luc Mélenchon, lui, anticipe aussi des mouvements plus larges, percevant un texte de loi qui "prépare un affrontement avec les syndicats. J'ai la certitude que c'est lié à l'Education nationale", assène-t-il, soulignant la "gravité et la férocité" du projet.
"Nous ne votons pas pour la mise en place du service minimum"
Un début dans la rue, et un début politique donc. Comme il l'avait dit dans les jours précédents, et jusqu'à ce mardi matin, le groupe socialiste entend déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Jean-Marc Ayrault a précisé que les deux points faisant l'objet de ce recours seraient le préavis - selon le texte, les grévistes doivent se signaler 48 heures avant la cessation du travail - et la remise de l'organisation du service minimum aux collectivités territoriales. "On prétend défendre l'usager, mais on porte atteinte au droit de grève, a-t-il expliqué. Nous ne votons pas pour la mise en place du service minimum." Devant les caméras de télévision, François Hollande acquiesçait, lors d'une discussion avec les syndicats lui rappelant que les grèves causaient seulement 3% des retards dans les transports: "Nous sommes du côté des usagers, mais c'est vrai que la plupart des cas (de retards) sont dus à des pannes, des problèmes matériels." Et Jean-Marc Ayrault, dans la même discussion, de concéder que la cessation spontanée du travail - pratiquée, notamment, en cas d'agression - sera compliquée par le texte. "C'est de nature à créer des contentieux", lâchait-il.
Des contentieux, la venue de François Hollande et Jean-Marc Ayrault en a aussi créés. Les deux hommes ont reçu un accueil mitigé de la part des manifestants, se faisant même huer par quelques dizaines de personnes, alors que le service de sécurité tentait de les extraire de la cohue des journalistes. Mais dans l'ensemble, on se réjouissait plutôt du soutien des socialistes, qui ont reçu à l'Assemblée une délégation de huit représentants syndicaux. Joint après cette réunion, Didier Le Reste expliquait que les députés du principal groupe d'opposition leur ont "fait part de l'état d'esprit" qui règne dans l'Hémicycle, et notamment des "velléités de certains parlementaires UMP de durcir le texte". "Personne n'a intérêt à ce que le texte se radicalise", a-t-il mis en garde, avant de s'avancer vers la rentrée: "Les gens vont s'apercevoir que le texte va à l'encontre de ce que ses concepteurs veulent afficher." Satisfait par les rassemblements, à Paris comme en province, il a souligné que l'unité syndicale avait compté. En quittant les abords du Palais Bourbon, certains lancent, rigolards, aux forces de l'ordre qui surveillent les premiers départs: "On revient en septembre." Vraisemblablement, ce n'est qu'un début.
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